18e RTA 194087e DIA9e Zouaves | 17e RTA18e RTA87e RA287e RALD | 320e RACP | 87e GRDIA | 36e BCC

18e Régiment de Tirailleurs Algériens
Historique 1939-1940

Maison-Carrée - Mostaganem - Tizi-Ouzou - Tlemcen
  

1919-1926

Le 18e Régiment de Tirailleurs Algériens, formé en 1919 à partir de bataillons du 6e RTA de Tlemcen et dissous en 1926, est créé à nouveau le 2 septembre 1939 au premier jour de la mobilisation générale à Maison-Carrée, près d'Alger, pour la Compagnie de commandement et le 1er Bataillon, et Tizi Ouzou, Kabylie, à 100 kilomètres à l’est d’Alger, pour les 2e et 3e Bataillons, Centre de Mobilisation d'Infanterie d'Afrique n°1 (CMIA1) du département d'Alger. Maison-Carrée et Tizi-Ouzou sont en 1939 des garnisons du 5e RTA

Les cadres d'active proviennent principalement des 2e RTA de Mostaganem (division d’Oran, à 300 kilomètres à l'ouest d'Alger) et 6e RTA de Tlemcen (division d’Oran, à 500 kilomètres à l'ouest d'Alger). Les réservistes proviennent pour leur part du recrutement d'Alger (Maison-Carrée, Tizi Ouzou).

Avant 1939, le recrutement d'Alger constitue en temps de pai les 1er RTA de Blida, 5e de Maison-Carré, 9e de Miliana, 13e à Metz, 21e à Épinal, 25e à Sarrebourg, unités d'active, et à la mobilisation les 17e, 29e, 33e RTA de réserve, dissous au cours des années 20, après avoir servi en Rhénanie, au Levant, au Maroc, ... Le recrutement d'Oran constitue en temps de paix les 2e RTA de Mostaganem, 6e de Tlemcen, 14e à Châteauroux, 22e à Toul, unités d'active, et à la mobilisation, selon les principes de numérotation des RTA, le 18e  RTA, qui a servi notamment au Levant. 

Le drapeau du 18e RTA porte les inscriptions : Levant 1920-1926. Les Ier et IIe bataillons portent la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures (bleu clair et rouge), Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures avec deux palmes correspondant à leurs deux Citations à l'Ordre de l'Armée au Levant.

>>> Lire le 18e RTA 1919-1926    

Le 18e RTA de 1939, régiment de réseve, est constitué sur le type Nord Africain Motorisé et affecté à la 87e Division d'Infanterie d'Afrique.

Les régiments de Tirailleurs sont, à l'image de l'Algérie française, des unités mixtes ; près de 75% de l'effectif est indigène, l'encadrement est majoritairement français (Chez les Zouaves, également recrutés en Algérie, le recrutement est exclusivement français).
Indigènes musulmans et français n'ont toutefois pas le même statut : recrutement par tirage au sort pour les indigènes, emplois réservés aux seuls français, avancement au choix et plus lent pour les indigènes, solde moins élevée, ... 

Contrairement à une idée reçue en effet, les indigènes ne possèdent pas la pleine nationalité française ; leurs droits et devoirs sont restreints : droit de vote limité, accès à l'école, à certaines professions, aux emplois publics, ... situation souvent aggravée dans les faits (cf. Les indigènes et le service militaire).
Le propos n'est ici que de rappeler la mesure de leur sacrifice pour la France. A l'instar des troupes issues des colonies, les Régiments de Tirailleurs figurent parmi les unités de l'armée française les plus décorées.

Carte de l'Algérie

Organisation du Régiment (septembre 1939)

Ordre de bataille du 18e RTA à sa formation :

Etat-Major    Lt-Col Eugène Pigeon (du 2e RTA)   Cdt le Régiment
Cie de Cdt    Cne Jean Goiffron

Ier Bataillon    ChBat Julien Delattre

IIe Bataillon    ChBat René Haack

IIIe Bataillon    Cne Emmanuel Vigne

L'effectif des régiments à trois bataillons est en théorie (loi du 17 mars 1932) de :
    67 officiers dont 9 indigènes (13,4%)
    324 sous-officiers dont 133 indigènes (41%)
    2.167 hommes de troupes dont 1.836 indigènes (84,7%)
Total 2.558 hommes dont 1.878 indigènes (73,4%)
. Le nombre d'indigènes est fixé par les textes.

Jeudi 14 septembre 1939, le Régiment est prêt à partir.

 
Maison-Carrée Tizi Ouzou

1925-1926

En Tunisie (septembre-novembre 1939)

Une fois formé, le 18e RTA fait mouvement à partir du 15 septembre 1939 de Maison-Carrée et Tizi Ouzou sur la Tunisie, 800 kilomètres vers l'est ; la Lybie voisine est aux mains des Italiens. Il stationne à Enfidaville, à 90 kilomètres au sud de Tunis près du golfe d'Hammamet. La 87e DIA a son PC à Zaghouan, à 40 kilomètres d'Enfidaville sur la route de Tunis. L'instruction commence. 

Jeudi 21 septembre, le Régiment relève à Enfidaville le 3e Zouaves, dirigé vers le sud. Sa mission est de doubler la défense côtière et de se tenir prêt à occuper une position sur le front Bouficha – Sidi El Hani. Bouficha est à 20 kilomètres au nord d'Enfidaville en direction d'Hammamet. L'instruction se poursuit. 

Début octobre, le Général Barbeyrac de Saint Maurice commandant la 87e D.I.A. passe en revue le Régiment. L'instruction des spécialistes est poussée, et des exercices sont organisées. 

Lundi 16 octobre, le Général Blanc commandant les fronts tunisiens passe en revue le Régiment le long de la route d'Enfidaville à Zagouan. Avant la revue, le Drapeau est présenté au Régiment par le Colonel. 

Vendredi 3 novembre, le Régiment reçoit l'ordre de préparer un départ pour une destination inconnue. Toutes les voitures et les animaux et seront laissés au camp de Bouficha. 

Le Régiment embarque à Bizerte, à 60 kilomètres au nord de Tunis, à partir du 8 novembre 1939, débarque à Marseille du 9 au 12 novembre, puis est dirigé en train du 10 au 12 sur Montpellier, à 150 kilomètres de Marseille.

 
Enfidaville Montpellier, le château de la piscine

En France, Montpellier (novembre 1939)

A Montpellier, le PC du Régiment (PCRI) s’installe au château de la Colline et le Régiment, jusqu'alors du type Nord Africain Motorisé, est transformé en type Nord Est. Il perçoit les personnels et matériels nécessaires. L'effectif est complété avec des contingents du recrutement de l'Hérault et des départements voisins, environ 500 hommes (en théorie + 13 officiers et 509 hommes pour atteindre l'effectif de 80 officiers et 3.000 hommes). 

Le recrutement de la 16e Région Militaire de Montpellier (Etat-Major en temps de paix de la 31e DI Alpine ; 15e et 81e RIA, 56e RAD) s'étend aux départements suivants : Aude, Aveyron, Hérault, Lozère, Pyrénées Orientales, Tarn.

Les Compagnies Hors Rang (CHR) des bataillons sont dissoutes et une CHR du Régiment est créé sous le commandement du Capitaine Pellegrini, ainsi qu'une Compagnie Régimentaire d'Engins (CRE) sous le commandement du Lt Bajard. Également, 3 canons de 25 sont perçus.


Aide Mémoire de l'Officier de Réserve, Lt-Col Arendt, 1939

Selon les manuels, chaque régiment d'infanterie (RI) métropolitain regroupe en principe trois bataillons (Btn) numérotés °I à III : I/18, II/18, III/18), une Compagnie de Commandement (CC), une Compagnie Régimentaire d'Engins (CRE), et une Compagnie Hors Rang (CHR). Le régiment est doté de 200 voiturettes ou voitures hippomobiles, une cinquantaine d'automobiles et neuf chenillettes, 112 FM, 48 mitrailleuses dont le cas échéant 12 canons antiaériens de 20 mm, 36 lance-grenades ou 144 tromblons VB, 9 mortiers de 60 mm, 8 mortiers de 81 mm et 12 canons antichars de 25 mm.

Le Régiment prend en charge un Sous-secteur (le Secteur correspond au front de la Division).

Le Bataillon, sous les ordres d'un Chef de Bataillon (Commandant), regroupe trois compagnies (Cie) de fusiliers-voltigeurs (n° 1 à 3), une Compagnie d'Accompagnement, un état-major et une section de commandement, pour un effectif total de vingt officiers et huit cent cinquante hommes environs.

Le Bataillon prend en charge un Quartier ou Centre de Résistance.

La Compagnie (n°1 à 11), sous les ordres d'un Capitaine, comprend quatre sections de combat et une section de commandement avec un effectif total de 4 officiers et 180 hommes et dispose d'un armement collectif de 12 FM + 3 de rechange, 16 tromblons VB + 4 en réserve ou 4 lance-grenades de 50 mm, un mortier de 60 mm. Il est prévu en 1940, d'équiper pour la première fois chaque compagnie du nouvel émetteur-récepteur ER 40 d'une portée de 1.200 m. Ce sera rarement le cas dans la réalité. 

Ainsi équipée, la compagnie prend en charge dans une action offensive un Sous-quartier ou Point d'appui, soit un front de 200 à 400 m et une profondeur de 200 à 500 m et en défensive un front de 500 m maximum avec une profondeur de 600 m.

La Compagnie d'Accompagnement (CA1 à CA3) souvent répartie entre les compagnies comprend quatre sections de mitrailleuses, une section d'engin et une section de commandement avec un effectif total de 4 officiers et 190 hommes.

La Section, sous les ordres d'un Lieutenant ou un Adjudant-Chef, se compose de trois Groupes de combat (A,B,C), d'un adjoint au chef de section, d'un caporal VB, d'un agent de transmission et d'un observateur, soit en tout un effectif d'un officier et 40 hommes environs. L'armement collectif comprend les 3 FM et les 3 tromblons VB des groupes de combats plus le tromblon VB du Caporal VB de la section. Lorsque l'unité est équipée du lance-grenades de 50 mm, le personnel VB des groupes est affecté à l'équipe de lance-grenades de la section commandée par le caporal VB. Enfin, le meilleur tireur sélectionné parmi les voltigeurs de la section est armé du fusil à lunette de la section.

Le Groupe de combat, cellule de base de l'infanterie depuis octobre 1918*, s'articule autour du FM avec un effectif de douze hommes dont un sergent chef de groupe secondé par un caporal adjoint et dix hommes répartis en deux demi-groupes.
Un demi-groupe de fusiliers, élément feu du groupe, avec le sergent chef de groupe armé d'un fusil, le caporal adjoint équipé d'un fusil, le tireur FM équipé avant 1940 d'un pistolet en plus du FM, le chargeur FM armé d'un pistolet et trois pourvoyeurs armés en principe d'un mousqueton chacun. Dans la réalité le manque de mousqueton entraîne souvent la remise d'un fusil.
Un demi-groupe de voltigeurs, élément mouvement du groupe, comprenant un premier voltigeur, trois voltigeurs tous armés du fusil et un grenadier équipé d'un fusil avec tromblon VB (86M93 ou MAS 36 - la majorité de l'infanterie est équipée du fusil 1907M15 ou 1916 - v. ci-dessous).
Lors d'une action offensive ou défensive, le groupe de combat prend en charge un front de 50 m maximum correspondant au front que peut battre le FM.


Le groupe de combat. Lorsque le grenadier V.B. n'existe pas le caporal marche en serre-file.


* Le Groupe de combat correspond à la demi-section d'avant octobre
1918, commandée par un sergent et qui comprenait deux Escouades. L'Escouade, sous le commandement d'un caporal, regroupait 6 hommes : 6 grenadiers-voltigeurs (dont deux lanceurs) ou 1 tireur FM, 2 pourvoyeurs et 3 grenadiers VB. 


 
Mailly-le-Camp La Casbah !

Chaudrey (décembre 1939 - février 1940)

Le Régiment embarque les 29 et 30 novembre pour Arcis-sur-Aube et débarque les 1er et 2 décembre après avoir parcouru 640 kilomètres. Le PC du Régiment s'établit à Chaudrey, Aube, à 10 kilomètres à l'est d'Arcis en direction de Nogent-sur-Aube. Les cantonnements de la troupe dans des granges délabrées sont peu confortables. L'hiver est particulièrement rigoureux pour les Tirailleurs, aucun effet chaud n'a été perçu autre que les couvres pieds (demi-couverture). La grande couverture est distribuée le 24 décembre 1939. Durant le mois de décembre, le Régiment poursuit l'instruction au camp de Mailly, à une quinzaine de kilomètres au nord de Chaudrey. Le JMO note que la fusion se produit peu à peu entre les algériens français et indigènes et les tirailleurs du recrutement de Montpellier.
 
L'instruction se poursuit en janvier février 1940 malgré le grand froid au rythme d'un exercice par semaine. Quelques permissions sont accordées. Toute la 87e DIA reçoit le MAS 36 et l'équipement 1935.
 
Vendredi 16 février, le Lt-Col Clerc arrivant du dépôt de Montélimar prend le commandement du Régiment en remplacement du Lt-Col Pigeon.

 
Chaudrey  Sarralbe

Sur la Sarre (mars - avril 1940)

Le jeudi 29 février, le Régiment embarque en gare d'Arcis et débarque le 1er mars à Sarre-Union (Bas-Rhin), après un trajet de 250 kilomètres. Le Secteur Fortifié de la Sarre forme une ligne le long de la frontière franco-allemande, de part et d'autre de la Sarre. Les fortifications y sont particulièrement légères, s'appuyant sur des inondations, on parle ici de « ligne Maginot aquatique ».

Le Régiment va cantonner à une dizaine de kilomètres à Sarralbe (Moselle) et relève dans la nuit du 4 au 5 mars,
à une quinzaine de kilomètres au nord de Sarralbe, le 51e RIC (7e Division Coloniale) aux Avant-Postes dans le Secteur Fortifié de la Sarre, où il reçoit son baptême du feu, PCRI à Ippling (Moselle) près de Sarreguemines et de la frontière allemande. La division a pour mission de tenir les intervalles de la position fortifiée à Grossblierstroff, sur la Sarre, qui constitue la frontière entre la France et l'Allemagne. Le Régiment doit fournir deux bataillons aux Avant-Postes de la ligne fortifiée à Grundviller et Villerwald. Il poursuit l'aménagement de la position. Des coups de main allemands et français ont lieu.
Le 15 mars 1940, le Secteur Défensif de la Sarre devient le Secteur Fortifié de la Sarre.


Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, le 18e est relevé aux Avant-Postes par le 17e RTA. Il s'installe sur la position fortifiée, P.C. à Keskastel, à une vingtaine de kilomètres au sud d'Ippling et à 4 kilomètres au sud de Sarralbe. D'importants travaux sont effectués pour aménager la position avec l'aide des Pionniers du Régiment et une compagnie de travailleurs espagnols (27e).

 
Ippling  Keskastel

En réserve du GA2 (mai 1940)
 
La 87e DIA est retirée du front du 20e CA le mercredi 1er mai, relevée par la 82e D.I.A. et la 52e D.I., et placée en réserve du Groupe d'Armée n°2 (GA2) auquel elle appartient, dans la région de Dieuze (Moselle), à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Ippling. Le mouvement est effectué par la route.
 

Le Régiment remonte sur la position de résistance le lundi 6 mai pour l'exécution de travaux, PCRI à Sarralbe.

Le lundi 13 mai, le Régiment reçoit l'ordre de se porter pour embarquement vers le sud dans la région de Fénétrange (Moselle), où il cantonne le 14, PCRI à Honskirch (Moselle), à 10 kilomètres au sud-ouest de Sarralbe, puis Mittersheim (Moselle) le 15, 10 kilomètres au sud de Honskirch, et embarquement à partir du mercredi 15, à Fénétrange, 6 kilomètres à l'est de Mittersheim. Le bruit court que la division va participer à l'assaut général en Belgique ...
 

Les convois sont bombardés en cours de route et subissent d'importants retards. La Division est affectée à la 6e Armée du Gal Touchon puis à la 7e Armée du Gal Frère en formation.

Mouvement vers l'Ailette (mai 1940)

 
Le régiment débarque à Rethondes (Oise) à partir du vendredi 17 mai 1940PCRI cantonné à Vieux-Moulin (Oise) en Forêt de Compiègne, le 17 dès son débarquement. Des sentinelles sont envoyées sur les ponts de l'Aisne de Rethondes et de Berneuil et arrêtent les isolés de la 9e Armée au milieu des réfugiés.
 

Dès son débarquement le samedi 18, le Ier Btn s'installe à Trosly-Breuil (Oise). Tandis que le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRDI) est envoyé en reconnaissance sur l'Oise et l'Ailette, le Peloton Moto du Régiment part en reconnaissance derrière l'Ailette, vers Champs et Folembray (Aisne).

A la nuit, le Ier Bataillon (I/18) se porte sur l'Ailette et relève le GRDI aux ponts de St-Paul et du Bac d'Arblincourt, à gauche du 9e Zouaves, PC I/18 Rue de Noyon. Le mouvement est accéléré au cours de la nuit, le Régiment ayant été informé que les allemands pourraient atteindre l'Ailette dès le 19. Le PCRI s'établit à Blérancourt avec le IIIe Bataillon.
 
 
Vieux-Moulin Château de Blérancourt

Sur l'Ailette (mai 1940)

Dimanche 19, le Régiment construit des barricades anti-char et établit de solides points d'appui, réutilisant parfois des abris de 14-18. La défense des villages et les forêts, obstacles naturels à la progression des chars, est pareillement minutieusement organisée jusqu'à Blérancourt en arrière du front. Le IIe Bataillon (II/18), resté à Trosly-Breuil, est bombardé toute la journée. Il se porte à la nuit sur Saint-Paul-aux-Bois, qu’il rejoint le 20 avant le jour.

Une section de canons de 25 AC polonaise est mise à la disposition du Régiment.
 

Ordre de bataille du 18e RTA sur l'Ailette :

Etat-Major    Lt-Col Clerc Cdt le Régiment
Cie de Cdt    Cne Goiffron

Ier Bataillon    ChBat Delattre

IIe Bataillon    ChBat Haack

IIIe Bataillon    Cne Vigne

Lundi 20, la section de Pionniers du Régiment prépare la destruction des ponts. Au soir le IIe Bataillon relève le 9e Zouaves au pont de Champs et à la Tuilerie – la Tinette. Le PCRI se porte à St-Paul.

Mardi 21, le GRDI 87 est envoyé en reconnaissance pour préciser l'emplacement du dépôt d'essence de Barisis non détruit et rechercher le contact avec l'ennemi. Les pelotons moto du 18e RTA et du 9Z couvrent la reconnaissance vers Folembray. Ils sont fortement attaqués au retour. L'ennemi prend alors contact aux ponts. Vers 14 heures, au pont de Bichancourt, tenu par deux pelotons à cheval du GRD, les Spahis ont de lourdes pertes.

Le Régiment est appelé au secours du GRD. Le Lt Charavin de l'Etat-Major du Régiment est envoyé en avant. La situation sur place est critique, du terrain et du matériel ont été perdus, il ne reste que 15 Spahis menacés d'être encerclés. "Nous ne tiendrons pas 10 minutes" lui lance de Ballincourt. Charavin retourne avec une moto avertir le Cpt Boigeol parti à pied de Blérancourt avec sa Compagnie : "Dépêchez-vous ! Vous arriverez trop tard". Charavin réquisitionne une camionnette de l'intendance et fait embarquer la section de tête. Le GRD ainsi renforcé à temps peut maintenir ses positions. Boigeol arrive et monte aussitôt une attaque vigoureuse, qui rejette l'ennemi au delà du canal au cours d'une action d'éclat collective rétablissant la position et récupérant le matériel perdu. Il n'y a qu'un blessé au cours de l'action.

Situation du Régiment le 21 mai 1940 au soir

- Ier Btn : sur le canal tenant les ponts du Bac d'Ablincourt et de St-Paul 
- IIe Btn : sur le canal tenant le pont de Champs et la Tuilerie
- IIIe Btn : une Cie sur le canal à Manicamp, une à St-Paul, une à Trosly en réserve avec la CA3
- PCRI : à St-Paul
- CHR à Vieux Moulin avec un détachement à Blérancourt 

Malgré les bombardements d'artillerie et le manque de matériel de destruction, les Pionniers commencent à faire sauter les ponts.

Au cours de la nuit, les allemands tentent de franchir les ponts et dans la journée du mercredi 22, la Compagnie qui tient le pont de Champs subit des pertes sévères. 

A la nuit, le 126e RI (23e DI) relève la Cie dans le quartier de Manicamp. Les ponts sont une nouvelle fois attaqués. 

Jeudi 23 au matin, la Cie qui tient le pont de Champs, décimée, doit être relevée par quatre sections du IIIe Btn.

Vendredi 24 à la nuit, les ponts sont détruits.

Samedi 25, une section de 3 chars FT (dont un en panne) du 36e BCC commandée par l'Aspirant Simonet est mise à disposition du Régiment. Deux chars font mouvement vers le quartier de Trosly-Loire pour détruire des infiltrations allemandes. 

Dimanche 26 au matin le Cpt Pin du IIe Bataillon est tué à la tête d'une patrouille à l'ouest du pont de Champs ainsi que le Sergent-Chef Aberkane et cinq Tirailleurs. 

Situation du Régiment le 26 mai 1940 au soir

- Ier Btn : sur le canal entre le Bac d'Arblincourt et le Bois des Loups. Limite nord : l'Ailette. PC Rue de Noyon
- IIe Btn : sur le canal aux ponts de Champs et de la Tuilerie. PC à Trosly-Loire
- IIIe Btn : une Cie à Blérancourt, une à St-Paul, une à Trosly. PC à Blérancourt
- PCRI : à St-Paul

Face à l'état de fatigue des hommes, le Lt-Colonel Clerc commandant le Régiment, rappelle "qu'il n'y a aucun moyen de penser à relever les unités qui tiennent la ligne. Notre sacrifice sur l'Ailette doit favoriser les économies de troupes, qui nous en sommes certains, donneront la victoire ailleurs." ... "Nous sommes ici pour y mourir sur place." ... "Je compte et j'exige que chacun fera son devoir jusqu'au bout ; pour le salut de notre chère Patrie."

Au soir, au cours d'une patrouille de nettoyage au pont de Champs, un char du 36e BCC est détruit et l'Aspirant Simonet tué.

Nouvelles attaques aux ponts dans la nuit du 27 au 28 et la nuit suivante.

Jeudi 30 après-midi, de nouvelles limites de Sous-Secteur sont données au Régiment :

- Le pont de Champs, Ferme de la Tinette, quartier de Trosly-Loire, est pris en charge par le 9Z
- Les ponts du Bac d'Arblincourt sont en totalité au Régiment

La relève est effectuée dans la nuit du 30 au 31 mai

Le IIe Bataillon se porte en réserve sur Blérancourt et le Fresne station avec son PC à Blérancourt
Le Ier Bataillon porte sa limite vers le sud à 200 mètres au nord de la Tuilerie. Au nord, une Cie du IIIe Btn prend en charge les ponts du Bac d'Arblincourt, rattachée au Ier Btn.
Le PC du Ier Btn se porte à St-Paul et le PCRI à la Rue de Noyon.

Le Ier Btn Delattre du 18e Tirailleurs a alors à sa droite le IIe Btn Aumeran du 9Z. 

Samedi 1er juin, le Régiment reçoit l'ordre de relever le 126e RI (23e DI) dans le quartier de Manicamp, mouvement effectué dans la nuit du 1er au 2 juin, une Cie du IIIe Btn de part et d'autre du pont de Bichancourt, un détachement de liaison entre l'Oise et les canaux avec la 23e DI à gauche. Le terrain n'a pas été organisé.

Situation du Régiment au 2 juin :

- A droite : Quartier de St-Paul-aux-Bois, Ier Btn Delattre
Trois Cie en ligne sur le canal, une du IIe Bataillon en réserve à St-Paul,
PC Ier Btn à St-Paul Mairie
- A gauche : Quartier de Manicamp, IIIe Btn Vigne,
Trois Cie en ligne sur le canal, une du IIe Bataillon en réserve à Manicamp
PC IIIe Btn à Manicamp
- En arrière : une Cie du IIe Btn et deux Cie de Pionners à Blérancourt avec une section à Besmé et une à Le Fresne station
PC IIe Btn au château de Blérancourt
- PCRI à la Rue de Noyon défendu par la Cie de Comandement
- PC du 87e RAC dans une ferme voisine défendu

Le Régiment est renforcé par deux sections de canons de 25 AC polonais à Manicamp et St-Paul et trois canons de 47 à St-Paul, Besmé et Le Fresne et appuyé par une section de la 2e compagnie du 36e bataillon de chars de combat (FT17).

Le sous-secteur du régiment s'étend désormais sur l'Ailette de l'Oise au nord au Bois des Loups au sud, soit près de 7 kilomètres (IIIe Btn : 3,6 km, Ier Btn 3,3 km) et celui de la division sur près de 15. Selon les manuels, un RI tient défensivement X kilomètres d'une position organisée et une D.I. 6 kilomètres. Dans le cas présent, il n'y a que peu de positions organisées, quelques tranchées, pas d'aviation, pas même l'avion de reconnaissance divisionnaire de la grande guerre. Carte

La mission du Régiment est d'interdire, en liaison avec le 9Z à droite (3e Compagnie du Ier Bataillon au Bois des Loups) le franchissement du canal et d'assurer la liaison avec la 23e DI à gauche (11e Compagnie du IIIe Bataillon sur l'Oise). 

Les principaux Points d'Appui du 18e Tirailleurs sont Manicamp, Besmé, St-Paul-aux-Bois, Blérancourt, ... Les Bois de Manicamp, Bois de Fêve, … sont occupés par l’artillerie. Carte 

Le cloisonnement (organisations défensives perpendiculaires au front) sera éventuellement prolongé par Camelin et le Fresne, Cuts, Mont de Choisy.

Début juin, les ponts du secteur ont été détruits, on se bat à la grenade d'une rive à l'autre, la menace monte, les préparatifs allemands s'accélèrent. 

2 au 4 juin, le journal du Régiment note des bruits de travaux côté allemand, des tirs de Minen, d'armes automatiques et d'artillerie sur les PC. L'agitation est importante chez l'ennemi.



Dispositif du 18e RTA sur l'Ailette le 4 juin au soir

L'attaque allemande

Nuit du 4 au 5 juin, des bruit d'arrivée de renforts sont perçus à l'est du canal.

Mercredi 5 juin vers 4 heures un bombardement de 105, de Minen et d'aviation est appliqué sur le canal et d'artillerie sur les PC. L'offensive allemande se déclenche au petit jour vers 5 heures. Les allemands franchissent le canal sous un feu violent d'armes automatiques, de mortier et d'artillerie, au prix de pertes énormes. 

Trois régiments sont lancés à l’assaut des Tirailleurs. Côté Oise, le 475. Infanterie-Regiment de la 255. Infanterie-Division Wetzel (455., 465., 475. IR) attaque au pont de Bichancourt – Manicamp, Quartier du IIIe Bataillon Vigne du 18e RTA. La 255. ID appartient à la 6. Armee opérant au nord de l’Oise, qui a pour objectif Noyon. A droite du 475. IR, appartenant à la 72. ID Mattenklott (6. Armee également), le 266. IR attaque à gauche, le 124. IR au centre, tous deux devant le Ier Bataillon Delattre du 18e RTA (Quartier de St-Paul-aux-Bois), et le 105. IR à droite devant les Zouaves (selon les archives allemandes) avec pour objectif les hauteurs de Blérancourt ; Camelin-Le Fresne, St-Aubin, …

L'attaque est menée, comme elle le sera par la suite sur toutes les coupures, à l'aide des moyens de 14-18 : préparation d'artillerie, infanterie en masse, reconnaissances, pas de char compte tenu des obstacles, mais emploi de l'aviation de bombardement en piqué. Les allemands franchissent le canal à la faveur d'un épais brouillard sur des barques pneumatiques ou à la nage. Les vagues successives sont accueillies à coups de fusils et de grenades, qui coulent les embarcations et font de nombreux morts qui flottent sur canal. Les combats se poursuivent au corps à corps sur les berges.

Char FT-17La défense est héroïque, note le JMO du 18e RTA, les Points d'Appui submergés et encerclés continuent à résister mais l'ennemi les contourne et s'infiltre dans les intervalles. Vers 8 heures, la vague allemande arrive devant Saint-Paul-aux-Bois puis Manicamp malgré la résistance sur place des unités trop espacées et rapidement à court de munitions.

Les pelotons de l'escadron monté du GRDI, dirigé par le capitaine de Balincourt, ont été envoyés entre le pont de Bichancourt et l'Oise et tiennent cette fraction du secteur de la DIA avec des pertes sévères avant de gagner Cuts - Mont-de-Choisy. 

Après plusieurs heures de combats, ayant épuisé leurs munitions, St-Paul-aux-Bois, vers 14 heures, puis Manicamp, vers 15 heures après deux tentatives désespérées en direction du canal, tombent aux mains des allemands. 

Les PA de la ferme Favette et de la ferme Neuve (Ier Btn) sont violemment attaqués en début d'après-midi. Vers 16 heures, la ferme Neuve est prise par les allemands, qui y mettent le feu. A la ferme Favette, les défenseurs ayant épuisé leurs munitions, ne peuvent atteindre le PCRI et se replient sur Blérancourt vers 19 h 30. A la Rue de Noyon, le PC du Régiment, ainsi que le PC du 87e RA, dans la ferme voisine, sont mis en état de défense, et attaqués par les allemands dès 17 heures.

Les éléments allemands ayant contournés les défenses françaises, sont à la Ferme Neuve le 266.IR et à St-Paul-aux-Bois le 124.IR.

Sur le canal, les PA encerclés tiennent toujours en certains endroits. Une section de la 10e Cie du IIIe Bataillon tient au Bac jusqu'à 20 heures puis se replie sur Manicamp, où elle doit se rendre aux allemands. La 11e Cie du IIIe Bataillon, également à court de munitions dans l'après-midi, a son chef qui passe l'Oise à la nage pour aller s'approvisionner auprès du 107e RI (23e DI) puis tient derrière l'Oise jusqu'au 7 au matin. La Section de Liaison avec le 9e Zouaves de la 3e Cie du Ier Bataillon, encerclée, réussit à faire plusieurs prisonniers et ne se replie que sur ordre le 7 au matin.

Des renforts ont été demandés par le PCRI pour contre-attaquer et rechercher les liaisons avec les PA encerclés. La 5e Compagnie du Capitaine Besnier du II/17e RTA, en réserve à Camelin-Le Fresne, mise à la disposition du 18e, est employée à la défense du PC en attendant l'arrivée des chars retardée. La section de chars du 36e BCC (2 FT17 de la Grande Guerre, le 3e est en panne) arrive vers 19 heures. La contre-attaque est remise au lendemain matin.

Pendant la nuit, les allemands, qui occupent le nord de Besmé vers 23 heures, s'emparent ferme par ferme du village totalement pris vers 1 h 30 du matin.

Partout, les pertes infligées à l'ennemi sont importantes et plus de cent prisonniers ont été faits (principalement des hommes du 124. Inf.Rgt. de la 72.Inf.Div. (44 ArmeeKorps, 6. Armee, Heeresgruppe B).

La nuit est mise à profit pour le ravitaillement en munitions, la réparation des circuits téléphoniques et la remise en place de l'artillerie.

Jeudi 6 au petit jour, les allemands poursuivent leurs infiltrations entre Besmé et la Rue de Noyon et au sud de St-Paul. Vers 8 heures, la 5e Compagnie du Capitaine Besnier appuyée par deux chars FT contre-attaque de la Rue de Noyon en direction de la Ferme Favette / Bois de Fève pour dégager la dernière batterie de 75 intacte du 87e RA d'appui direct du Régiment. Le PCRI est dégagé et 16 allemands dont un officier sont faits prisonniers.

A droite du 18e, l'attaque allemande en direction de Trosly-Loire est pareillement stoppée par les Zouaves mais plus à l'est, une grande partie de l'armement du 17e RTA est perdu du fait des violents pilonnages d'artillerie, la liaison est perdue avec le 93e RI.

Dans le sous-secteur du 18e RTA, la progression ennemie stoppée par la contre-attaque du matin reprend en début d'après-midi en direction de Camelin - Le Fresne (ouest de Blérancourt).

C'est au cours de ces combats  que le Lieutenant Houzépilote d'un Curtiss H-75 abattu, tombe en héros les armes à la main au milieu des Tirailleurs vers Besmé. 

Vers 17 heures, la 9e Batterie du III/87RA, après avoir épuisé ses munitions et subi une attaque par avion, encerclée, fait sauter ses pièces et se replie sur Blérancourt.

A 18 heures, le PCRI de la Rue de Noyon reçoit l'ordre de se replier sur Blérancourt à la tombée de la nuit. Une nouvelle attaque allemande est repoussée vers 19 heures.

Au même moment (vers 19 heures), une violente attaque allemande se déclenche sur Camelin - Le Fresne. Il n'y a plus d'appui d'artillerie, plus de munitions, plus de renfort. Les éléments du IIe Bataillon du 17e RTA, qui tiennent le village et la station se défendent avec acharnement. Vers 22 heures, le Chef de Bataillon Caffarel du II/e RTA est tué et le Cpt Adjoint grièvement blessé, le village est pris. 

Au soir, le 266.IR allemand atteint le sud-est de Blérancourt et le 124.IR le sud de St-Aubin.



Situation sur l'Ailette le 6 juin au soir

Vers 21 h est tombé à la Division l'ordre de décrocher. Les importantes incursions ennemies alentours rendent une contre attaque impossible ; le 485.I-R (263.Infanterie-Division, V ArmeeKorps, 6. Armee) longe le Canal Latéral à l'Oise en direction de Noyon à la jonction avec la 23e DI tenant la rive droite de l'Oise.

L'ordre est transmis par les agents de liaison qui parviennent à se glisser jusqu'aux points d'appui encerclés. La 11e Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette dernière. Malgré la fatigue de deux jours et deux nuits de combats et la faim (il n'y a plus de ravitaillement depuis le 4 juin), le repli général s'effectue en ordre à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne de Rethondes, Berneuil, Attichy et Vic, artillerie en tête.

Le Régiment, dont le PC a effectué son premier repli de la Rue de Noyon sur Blérancourt, se replie baïonnette au canon entre les pointes allemandes sans incident, le IIe Btn formant l'ARG. On apprendra plus tard des allemands qu'ils n'avaient pas pu faire traverser de matériel roulant à cause de la défense sur le canal et que les hommes étaient exténués après leur longue marche pour arriver sur l'Ailette permettant ainsi le décrochage.

Au cours des deux jours, les pertes ont été sensibles ; le Régiment est réduit à la valeur d'un faible Bataillon : à peine 650 hommes, 21% de l'effectif théorique (un Btn compte 850 hommes, un Rgt 3.000). Les pertes infligées à l'ennemi semblent avoir été très élevées note le JMO. Egalement, le système des PA fermés a prouvé sa valeur en empêchant les avances locales de provoquer l'effondrement du dispositif défensif. Le cloisonnement Blérancourt - Cuts a joué un rôle très utile en empêchant ou retardant les manœuvres de rabattement sur les arrières.

Sur l'Aisne

Vendredi 7 juin, l'ennemi progresse entre l'Ailette et l'Aisne. Les derniers éléments du Régiment passent l'Aisne au pont de Rethondes à 9 heures. Vers 13 heures l'Aisne a été franchie par tous les éléments de la division qu'il a été possible de décrocher, les ponts sautent. Les allemands attaquent déjà. La déception est grande de ne trouver là ni défense organisée ni renforts regroupés pendant les 20 jours de combats sur l'Ailette.

Les restes du régiment se regroupent à Vieux-Moulin (Oise), à plus de 25 kilomètres au sud-ouest de Blérancourt par le pont de Rethondes. L'effectif est alors de 470 hommes, 50 sous-officiers et 18 officiers, plus 80 hommes et sous-officiers et 2 officiers à la CHR, soit un effectif total de 620.

Il est formé un seul Bataillon sous les ordres du Cdt Haack (IIe Bataillon).

Ordre de bataille du 18e RTA au 7 juin 1940 :

Etat-Major    Lt-Col Clerc Cdt le Régiment
Cie de Cdt    Cne Goiffron

IIe Bataillon    ChBat Haack

La Division doit prendre position dès le lendemain sur l'Aisne entre la 11e DI à gauche au sud de Berneuil et la 8e DI à droite au sud de Vic. Le front est peu garni et l'organisation des positions sommaire.

Samedi 8l'ennemi ayant franchi l'Aisne vers Soissons menace la 11e DI qui tient l'Aisne de Compiègne à Vic. Le Régiment reçoit l'ordre d'aller couvrir le flanc droit de la 11e DI sur la ligne Chelles - Roy-Saint-Nicolas (Mortefontaine, Aisne) et part vers midi. Renforcé de 200 hommes, 14 sous-officiers et 2 officiers du dépôt 92 bis de Châtellerault, le Régiment est en place à 20 heures, PCRI à Roy-Saint-Nicolas, à une douzaine de kilomètres au sud-est de Vieux-Moulin par Pierrefonds. Le Régiment est renforcé par un bataillon de Pionniers.

Au cours de la nuit, le Régiment est envoyé à Hautefontaine (Oise), à 5 kilomètres au nord de Roy-Saint-Nicolas, soutenir le 17e RTA et subissent des tirs d'artillerie et bombardements par avions. 
 
Dimanche 9,
au levé du jour l'ennemi renforcé par de l'artillerie se lance à l'assaut des positions de la Division mais il est violemment décimé par nos batteries de 75 et de 155 qui lui infligeant toute la journée de lourdes pertes. Les vagues qui parviennent à s'approcher de nos lignes sont repoussées par les tirs de FM et de mitrailleuses, malgré l'intervention de l'aviation allemande. Le combat se poursuit jusqu'à la nuit. Le terrain est jonché de cadavres ennemis. L'après-midi, les allemands semblent renoncer. A la nuit, le Régiment se replie sur Retheuil (Aisne), à 7 kilomètres au sud-ouest de Hautefontaine par Chelles, PCRI ferme sur les hauteurs ouest de Retheuil. 

La résistance acharnée sur le plateau de Pouy-la-Raperie a contraint la 98. Division motorisée allemande désorganisée à détourner son axe de marche vers le sud.
 
Lundi 10, la division tient toute la journée mais les allemands s'infiltrent au sud du plateau de Retheuil. La 87 doit se replier au soir sous les feux de l'aviation ennemie vers la forêt de Compiègne. Le régiment ouvre le feu sur des éléments progressant en direction de Palesne sur la route vers Retheuil ... c'est le Ier Bataillon du 9Z qui se replie ! Le 18e RTA doit se replier dans la nuit en arrière-garde de division sur Bouillancy (Oise)
sur la Gergogne, à 30 kilomètres au sud de Retheuil.On apprend là que l'Italie nous a déclaré la guerre.
 
Les moyens de transport promis ne sont pas là, il faut se rendre à pied sur la Gergogne, affluent de l'Ourcq. Les officiers en tête donnent l'exemple. Dans la nuit noire, les convois de toutes sortes disloquent les colonnes obligeant à des arrêts pendant lesquels les hommes s'endorment dans les fossés et perdent leurs unités quand il faut repartir.

L'itinéraire passant par Crépy-en-Vallois (Oise) étant coupé par les allemands oblige à détourner les convois par Duvy, à l'ouest de Crépy-en-Valois et Nanteuil-le-Haudouin, ce qui allonge l'itinéraire de plus de 10 kilomètres.

Crépy-en-Valois, Bouillancy sur la Gergogne

Mardi 11, le Régiment ayant essuyé des tirs d'artillerie arrive vers 9 heures sur le plateau de Crépy-en-Valois. La ville est déjà occupée par l'ennemi. Le régiment installe une base de feux au carrefour au nord de Crépy-en-Valois, à 3 kilomètres au sud de Béthancourt-en-Valois pour permettre l'écoulement des convois de la Division par l'ouest sur Séry-Magneval et Duvy. Jusqu'à la sortie de Duvy, le Bataillon du Régiment rencontre des détachements ennemis qui harcèlent ses flancs.

Le régiment passe la Ligne Chauvineau vers Ormoy-Villiers (Oise). La route est encombrée de soldats, de véhicules se déversant vers le sud faisant peser sur nos épaules le poids de la défaite. Nanteuil-le-Haudoin bombardé la veille par l'aviation allemande est un spectacle de désolation : cadavres, ruines, ... Enfin, l'étape de 40 kilomètres s'achève en fin d'après-midi, arrivés à Bouillancy sur la Gergogne dans le sud de l'Oise, à 20 kilomètres au nord de Meaux. Couverte par les 57e (6e Armée) et 239e DI (?), la 87e ravitaillée peut enfin prendre une nuit de repos.
 
Mercredi 12, le Régiment met le village de Bouillancy en état de défense. Il est bombardé l'après-midi. Menacé d'encerclement malgré la présence de la 3e DIL, le Régiment devra se replier à la tombée de la nuit sur Esbly (Seine-et-Marne) pour y tenir la coupure du Grand-Morin, à 28 kilomètres de Bouillancy vers le sud-ouest, près de Meaux.
La Marne est franchie à la fin de la nuit.à Meaux, dont les défenses illusoires font comprendre que Paris est perdu.

Sur le Grand Morin

Jeudi 13, le Régiment arrive à Esbly à 9 heures et s'installe en défense sur le Grand Morin entre le confluent du Grand Morin et de la Marne et le canal latéral à la Marne, PCRI à Esbly puis l'après-midi au château de Coupvray à 10 kilomètres au sud-ouest de Meaux, à moins 40 kilomètres à l'est de Paris (déclaré vile ouverte la veille ! en même temps qu'a été donné l'ordre de repli général sur la Loire).

A la tombée de la nuit arrive l'ordre de se replier sur la Seine à Vulaines (Seine-et-Marne), à 60 kilomètres au sud de Coupvray. Il n'y a pas assez de camions au départ. Le Régiment est embarqué en cours d'étape par camion jusqu'à Héricy (Seine-et-Marne), à 2 kilomètres au nord de Vulaines.

Sur la Seine

Vendredi 14, le Régiment arrive à Héricy vers 11 h 30 et va former une tête de pont sur la rive droite de Seine en  avant du pont de Vulaines, devant Fontainebleau. Le pont et la rive gauche sont tenus par le 19e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais (CdB Albinet) qui passe sous le commandement du Lt-Col Clerc commandant le 18e RTA, PCRI à la station de Fontainebleau. L'organisation des défenses sur la Seine est difficile à cause du torrent de réfugiés.

Samedi 15, le II/18 tient la tête de pont permettant le repli de nombreuses formations militaires et le passage d'un grand nombre de réfugiés avec qui les
incidents nombreux aux ponts nuit et jour. 

A 17 h 30, le pont de Vulaines saute. Des civils forcent le passage jusqu'au dernier moment. Le Bataillon va occuper une position sur la Seine au nord d'Avon, en face Vulaines, liaison à effectuer avec le 9Z qui tient Thomery. L'ennemi se présente en fin de journée sur les crêtes de la Seine bombardant Avon et la rive sud. Le duel d'artillerie se prolonge jusqu'à minuit. Des motocyclistes allemands signalés vers Melun, à 20 kilomètres en aval. Tandis que les unités françaises doivent contourner la capitale, l'ennemi peut y pénétrer librement. Il en sera de même dans toutes les grandes villes ! Le choix de la défaite selon certains.

Vers 21 h 45, ordre de décrocher et de se replier. Le Groupement du Lt-Col Clerc (II/18e et 19e BTS) en arrière garde avant embarquement pour Sully-sur-Loire en camions dans la forêt de Fontainebleau à 3 heures au Carrefour de l'Obélisque à atteindre à pied. Couverture, en attendant, de l'embarquement par VF des 3e DIL, 57e DI, 239eDI, et 23e DI. Le décrochage a lieu vers 2 heures mais l'embarquement n'a lieu que vers 10 heures le 16 en cours d'étape.

Dimanche 16, au Carrefour de l'Obélisque, sortie sud de Fontainebleau, le II/18 est soumis à un tir d'artillerie occasionnant au nord d'Ury en Forêt de Fontainebleau une dizaine de blessésL'embarquement pour Sully-sur-Loire, à 70 kilomètres au sud, a lieu à la lisière sud de la Forêt de Fontainebleau. Itinéraire : Chapelle-la-Reine, Chevrainvillers, Auffreville, Bougligny, Sceaux-du-Gâtinais, Corbeilles-en-Gâtinais, Ladon, Lorris, Les Bordes, Sully-sur-Loire, Cerdon. Le 19e s'est embarqué de son côté en  Forêt de Fontainebleau.

Le transport se fait sans difficulté jusqu'aux abords du pont de Sully, mais au soir, dès le village de Lorris (Loiret) à 18 kilomètres au nord de Sully, un incroyable embouteillage arrête toute la colonne. Des milliers de voitures de réfugiés, de colonnes de toutes armes sont stoppées, le pont de Sully ayant été endommagé le 16 au matin par l'aviation allemande, tout passage de voiture est impossible (la circulation ne sera rétablie que le 17 dans la matinée). 

Le Lt-Col Clerc tente alors avec le Cpt Goiffon et le Cdt Vallebella de gagner Gien pour y traverser la Loire. Un embouteillage intense les oblige à laisser leur voiture à 8 kilomètres de Gien et à poursuivre à pied vers la rive sud. Le Lt-Col Clerc est porté disparu au cours d'un bombardement aérien sur le pont de Gien le 17 juin.

Sur la Loire, Gien
 
Lundi 17, la colonne de cars du 18e RTA bifurquée
au cours de la nuit au carrefour des Bordes sur Gien, à 25 kilomètres, par les officiers du Régiment qui font la police de la circulation, peut passer la Loire dans l'après-midi et arrive à Cerdon vers 17 heures. Les colonnes auto et hippo du Régiment, l'artillerie divisionnaire, restent immobilisées jusqu'au soir et lorsque les hommes tentent de gagner la Sully à pied, à la sortie du village des Bordes, ils trouvent les allemands sur leur route, qui leur annoncent qu'un armistice est signé*, le temps d'achever leur encerclement.
* Pétain, nouveau chef du gouvernement, a appelé à cesser le combat à la radio le 17 juin à 12 h 30.

Le 19e BATS, pris également dans l'embouteillage, a débarqué de ses camions le 17 après-midi sur la rive droite de la Loire franchie à pied et arrive très fatigué dans les bois sur la route Poilly-lez-Gien - Coullons; où il cantonne dans la nuit du 17 au 18. 

Le pont de Gien saute à 20 heures. Le II/18 cantonne dans une ferme à 3 kilomètres au sud-ouest de Cerdon (Loiret). A peine arrivé, ordre du 24e CA à la Division de se porter au sud de la Grande Sauldre, dans la région des Loges au nord-est de Salbris, entre Salbris et Souesmes (Cher) à 35 kilomètres au sud-ouest. A chaque moment arrivent des fractions exténuées qu'on croyait perdues. Le départ est reporté au lendemain 18 juin midi.

Ordre de bataille du 18e RTA au 17 juin 1940 :

Etat-Major    ChBat Haack (du IIe Btn) Cdt le Régiment

IIe Bataillon    Cpt Plat (de la 7e Cie)

L'appel du Général Besson et la réorganisation de la Division

Mardi 18 juin. La nouvelle se répand que Pétain est chef du gouvernement et veut cesser le combat. L'esprit des Tirailleurs s'échauffe vite malgré la fatigue :  

- Il est l'ami des allemands maintenant votre maréchal ? s'inquiète un pauvre Tirailleurs qui n'y comprend plus rien.
- Non, pas des allemands, lui répond un ancien qui a fait le Maroc, de Hitler. Au Maroc c'était l'ami de Franco, maintenant il est l'ami de Hitler !
- Il était dans le gouvernement des ligues en 34, ajoute un métropolitain, il est revenu finir la besogne.
- Mais alors, les copains morts sur l'Ailette ? C'est pas digne d'un soldat tout ça !

En réponse à cette annonce prématurée d'un armistice, le général Besson commandant le 3e Groupe d'Armées, auquel appartient la division, a lancé la veille au soir à ses hommes, qui se battent alors sur le Cher et la Loire, un appel solennel : 

« Le combat continue ! Les VIe et VIIe Armées et l'Armée de Paris devront offrir sur le Cher et la Loire (de Tours et en aval) une résistance opiniâtre pour leur permettre de reconstituer les unités et d'assurer les ravitaillements. Il n'y a ni armistice, ni suspension d'armes. La bataille continue. » (Ordre n°356 3/S). 

La division, est réorganisée en conséquence de la réduction de ses effectifs. Le 9Z est réduit à 700 hommes et les 17e et 18e Tirailleurs à peine à un petit bataillon, le général Martin décide de former trois groupements mixtes : Le 18e RTA forme le 2e Groupement Mixte avec le 19e Bataillon de Tirailleurs Sénégalais. Le commandement du 2e Groupement est assuré par le Cdt Haack. Le 9Z et le 17e RTA forment le 1er Grpt et le 344e RI le 3e.

Le drapeau, la caisse du corps et les archives du 18e RTA sont envoyés en sécurité à Périgueux.

A partir de la fin de la matinée, le 2e Groupement se porte par la route sur les Loges, où il arrive à 21 heures et trouve grâce à une cuisine roulante du Train du riz et du café chaud. Après quelques heures de repos, il reçoit l'ordre de passer le Cher et d'aller tenir le pont de Thénioux (Cher), à 30 kilomètres au sud-ouest, départ à 2 heures.

Le 19e BATS n'arrive aux Loges qu'à 3 heures très fatigué et ne pourra repartir que le lendemain midi pour Genouilly, en arrière de Thénioux sur le Cher.

Sur le Cher

Mercredi 19, le II/18 arrive à Thénioux vers 14 heures et s'installe le long du Cher pour tenir le pont de Thénioux, le village de St-Georges-sur-la-Prée et le cours du Cher jusqu'à La Beuvrière, à 3 kilomètres au nord-est de St-Hilaire-de-Court, près de Vierzon (Cher). 9Z au pont de Châtres, le 17e RTA au pont de Mennetou.

Le 19e BATS atteint Genouilly le 19 au soir ayant parcouru 70 kilomètres en moins de 30 heures. 

Vers 21 heures, des motocyclistes du GRD signalent les allemands à Villefranche-sur-Cher, à 12 kilomètres, ayant franchi la rivière en aval à Selles-sur-Cher, à 30 kilomètres à l'ouest de Thénioux. A la nuit, le II/18 est relevé par le 2e Régiment Tchécoslovaque (239e DI) et se porte sur Anjouin et La Boulaye (Indre), PC à La Boulaye, une douzaine de kilomètres au sud-ouest, en défense face à l'ouest. 

A minuit, l'ordre de repli sur l'Indre arrive au CA ; la 87e est chargée de tenir le Cher jusqu’au 20 au soir en couverture du flanc droit du CA pendant le repli.
 
Jeudi 20
dans l'après-midi, le PC du Groupement s'installe au château d'Anjouin, que vient de quitter la 2e DI. Le Groupement reçoit l'ordre d'assurer la sécurité du repli de la Division (17e RTA - 9Z et 344e RI), qui a lieu à partir de 17 heures sous les tirs d'artillerie ennemis, puis de se replier sur Aize (Indre), à 15 kilomètres au sud-ouest d'Anjouin, le stationnement final devant être Migné (Indre), à quelques kilomètres au nord de la Creuse, à 110 kilomètres du point de départtandis qu'une nouvelle fois le gouvernement annonce notre défaite inévitable depuis le 13 juin

Le Groupement commence son mouvement en arrière garde vers 23 heures, couvert par le GRD 87. 

Sur la Creuse

Vendredi 21, à Aize, le Groupement ne trouve pas de camions mais des centaines d'hommes harassés du 344e RI. Il poursuit sa route couvert par cinq chars B. Ce n'est que 30 kilomètres plus loin après avoir parcour 60 kilomètres ! qu'il est enlevé par camions vers 15 heures et emmené à Migné, ferme Vaulnier au sud du village.

Le 19e BTS est enlevé par camions vers 16 heures et transporté à Migné.   

Samedi 22 dans l'après-midi, le Groupement Haack est transporté en camion à Bélâbre (Indre) à 15 kilomètres au sud-ouest, où il organise la défense du bourg.



St-Junien, le pont sur la Vienne

Sur la Vienne

Dimanche 23, au matin, le Groupement reçoit l'ordre de se porter en arrière de la Vienne afin de défendre cette rivière à Saint-Junien et Chaillac (Haute-Vienne), à 90 kilomètres vers le sud, PC à Chaillac, une compagnie au pont de Saint-Junien en interdisant l'accès à l'ennemi et le 19e BATS en réserve de Division à Biennac, près de Rochechouard, à 8 kilomètres au sud.
 
Lundi 24, la division borde la Vienne. 9Z et 17e de Chabanais exclus à Chassenon inclus en liaison à l'ouest avec la 289e DI avec cloisonnement face à l'ouest de Chassenon à Pressignac, 18e à droite à Chaillac, St-Junien. Le Groupement reçoit l'ordre de faire un nouveau mouvement vers le sud qui n'est pas exécuté en raison de la fin des hostilités le 25
à 1 heure 35 du matin. 

Ordre du jour du 24 juin 1940 du général Frère Commandant la 7e Armée 


« La guerre se termine sans que la VIIe Armée ait été battue. Attaquée sur la Somme et sur l'Ailette par un ennemi disposant d'une supériorité écrasante en aviation et en engins blindés, vous n'avez pas cédés. 

« Ces durs combats ont été suivis de la dure épreuve de la retraite. L'avance de l'ennemi sur nos deux flancs nous menaçant d'encerclement, il a fallu, pour échapper à son étreinte, opérer un repli de plus de 400 kilomètres. Je connais les efforts surhumains que vous avez dû fournir. Si je vous les ai demandés, c'est pour éviter la honte et les misères d'une capitulation en rase campagne. 
... 
« Soldats de la VIIe Armée, vous représentez une force contre laquelle l'ennemi s'est brisé et qu'il n'a pas dissociée. Il faut que les vôtres le sachent, quand vous rentrerez dans vos foyers. 

« Maintenant, refaites vos forces et demeurez, comme dans la bataille et la retraite, groupés autour de vos chefs. C'est aujourd'hui plus nécessaire que jamais. 

« Soldats de la VIIe Armée, conservez le cœur fier et la tête haute : vous n'avez pas connu la défaite.
     

La fin des hostilités

Mardi 25, fin des hostilités. Les allemands à nouveau arrivés près de la division à Chasseneuil ? à quelques kilomètres. "Tout est perdu, fors l'honneur" François Ier.

Mercredi 27, une compagnie est détachée comme compagnie d'honneur au QG de la Division qui s'installe à Rochechouard. Le Régiment est relevée au pont de St-Junien par le 206e RI et reste Chaillac.

Jeudi 28, regroupement et recueil des isolés.

Le champ de course et le château de Pompadour

Défilé à Pompadour

Vendredi 29, un détachement commandé par le Chef de Bataillon Haack se rend à Pompadour pour participer à une remise de décorations par le Général Weygand, ministre de la défense nationale qui passe les armées Héring, 6e et 7e en revue sur l'hippodrome, près de Ségur en Corrèze. Remises de décorations et Croix de Guerre. La clique et musique du 9Z réduite aux 2/3 après les pertes sur l'Ailette et sur l'Aisne, est parmi les seules encore existantes. Défilé au pied du château des Pompadour. Le Chef de Bataillon Haack est fait Officier de la Légion d'Honneur.

Du 30 juin au 2 juillet, réorganisation des unités et retour du Drapeau à Chaillac.

Mercredi 3, le Groupement est dissous,  le 19e BATS reprend son autonomie. Le 18e RTA doit de porter à Etagnac, Rouillac (Charente) à 10 kilomètres à l'ouest, pour contrôler et regrouper les isolés refoulés de la zone occupée.  

En Indre

Vendredi 5, le général Martin ayant été nommé au Commandement de l'Indre, le 18e RTA rejoint La Châtre et Ste-Sévère-sur-Indre (Indre), 140 kilomètres au nord-est. Départ en train à 18 heures, débarquement à La Châtre le 6 à 7 heures. 

La division a ainsi le privilège d'accompagner les allemands vers la ligne de démarcation (qui suit le Cher au nord du département de l'Indre), dont nous devons rester à plus de 20 kilomètres.   

Samedi 6, mission de police et service d'ordre, le ChdB Haack devient commandant du Canton de La Châtre, PCRI à la Châtre avec 2 compagnies, PC II/18 à Ste-Sévère-sur-Indre, à 15 kilomètres au sud-est, Camp Ferrie. La ville paisible avant guerre est peuplée par la retraite. Accueil et défilé enthousiaste ; ordre parfait après tant de passages de militaire en désordre, les chéchias dans les rues comme des coquelicots après tant de tristesse.

Du 7 au 13 juillet, début des démobilisations pour les gradés et tirailleurs français les plus anciens ...

Dimanche 14 juillet, cérémonie aux morts de la guerre au monument aux morts de La Châtre. Une foule reconnaissante et chaleureuse applaudit les rescapés défilant derrière leur commandant.

Lundi 15, remise de croix de guerre au même endroit par le général Martin, qui rappelle les durs moments du 18e RTA et les raisons pour lesquelles tous ses membres doivent espérer en l'avenir.   


Le monument aux morts de La Châtre

Dissolution du Régiment et retour en Algérie 

Mardi 16 juillet 1940, le 18e RTA est dissout à La Châtre. Les Tirailleurs indigènes de la 87e DIA sont incorporés au 91e Groupement de Tirailleurs Algériens, sous les ordres du Cdt Haack. Le regroupement s'effectue à Eguzon (Indre) sur la Creuze, à 40 kilomètres à l'ouest de La Châtre, le mardi 23 juillet, stationnement à Eguzon et Baraize sur la Creuze

Samedi 3 août, le 91e GTA est embarqué en train pour Marseille, où il débarque le 6. Les éléments du 18e RTA embarquent sur l'"Azrou" le 7 au matin et débarquent à Alger le samedi 10 juillet à 8 heures et sont transportés à Maison-Carrée en autocars.
 
Avant le retour à Alger, le général Weygand est au milieu des Tirailleurs. Son « adieu » est en réalité un « au revoir ». Il ne faut perdre ni confiance, ni courage, surmonter la défaite et se préparer à reprendre le combat.
 
L'Ouest-Eclair du 11 août 1940 publie une liste des centres de repli des régiments et formations militaires indiquant : 18e RTA à La Châtre (Indre) et Sainte-Sévère-sur-Indre.

Pour cette période lire "La fin de la campagne de France : Les combats oubliés des Armées du Centre (15 juin-25 juin 1940)" de Gilles Ragache.

Citation collective

La Division reçoit le 2 septembre 1940 une Citation à l'ordre de l'Armée (Croix de guerre avec une palme) :

GUERRE DE 1939-1940

ORDRE N° 210 C

Le Général Commandant en Chef, Ministre, Secrétaire d'Etat à la défense Nationale, cite :

A L'ORDRE DE L'ARMEE

87e Division d'Infanterie Nord-Africaine

" Attaquée sur la position de l'Ailette le 5 juin 1940, la 87e Division, sous l'impulsion de son chef, le Général Henry MARTIN, a opposé à l'ennemi une résistance héroïque. Toutes ses troupes : Infanterie, Cavalerie, Artillerie, rivalisant d'ardeur pour défendre à outrance les points d'appui, même lorsqu'ils étaient dépassés par l'ennemi ou encerclés, ne se sont repliées que sur l'ordre du Commandement, obligées souvent de se frayer un passage les armes à la main.

" Regroupées après la bataille, ces mêmes unités faisant preuve d'une telle discipline et d'un magnifique esprit de devoir ont pu, à nouveau, être engagées dans de durs combats qui ont marqué la défense de l'Aisne, puis la retraite vers la Seine et la Loire.

" Dans toutes ces opérations, la 87e D.I.N.A. a fait preuve d'abnégation, d'endurance, de vaillance, dignes des grandes traditions de l'Armée d'Afrique.

2 Septembre 1940.

Signé : WEYGAND.


Citations individuelles

566 citations individuelles sont accordées aux combattants du 18e RTA au cours de la campagne de France (après la "révision" de 1941), dont 19 à l'ordre de l'armée, 23 à l'ordre du Corps d'Armée, 50 à l'ordre de la Division, 88 à l'ordre de la Brigade et 386 à l'ordre du Régiment. 

Certains de nos héros de 1940 obtiennent plusieurs citations : 

Lieutenant Charavin Fernand, Officier AMM du Régiment : cinq citations ; une à l’ordre du Corps d’Armée, deux à l’ordre de la Division et deux à l’ordre du Régiment. 

Lieutenant Viet Maxime, Commandant de CA3 : quatre citations ; trois à l’ordre de la Division et une à l’ordre du Régiment.  

Citations à l'ordre de l'Armée

Ordre du 22 juillet 1940 du colonel commandant le 18e régiment de tirailleurs algériens

Adjudant Molinier Marcel

Ordre n°317/C du 30 septembre 1940 du général commandant en chef les forces terrestres

Sous-Lieutenant Marquant Paul (CA3)

Orde n°368/C du 4 novembre 1940 du général d'armée, ministre secrétaire d'Etat à la guerre

Caporal Djilali Said
Tirailleur Danga Franck

Orde n°357/C du 11 novembre 1940 du général d'armée, ministre secrétaire d'Etat à la guerre

Capitaine Boigeol André, Adjudant-Major du 3e Bataillon
Médecin-Capitaine Goeau-Brissonnière William
Capitaine Pin Honoré, 5e Compagnie, Mort pour la France
Lieutenant Bruneteau
Jean, 7e Compagnie puis Adjudant-Major du 2e Bataillon
Lieutenant Couplan
Henri, Corps Francs puis Peloton Motos
Lieutenant Marmissolle
Robert, 2e Compagnie
Sous-Lieutenant Illoul
Amar, 2e Compagnie
Sous-Lieutenant Luigi
, 1er Compagnie
Adjudant Léger Auguste
Adjudant Montanne 
Elie
Sergent Roy
Emilien
Sergent Solal
Henri
Caporal Belkadem Mohamed
Tirailleur Ridane Ali

Ordre n°396/C du 22 septembre 1940 du général commandant en chef les forces terrestres

Tirailleur Messaoudj

Source : JO des 20 juin et 18 août 1941 



Uniformes et équipements

Pour la campagne de France, le 18e RTA conserve certains effets spécifiques ; le casque Adrian à croissant des troupes d'Afrique, la chéchia rouge portée en métropole avec le couvre chéchia en calicot kaki clair, et la ceinture de laine rouge chez les Tirailleurs, portée en toutes circonstances par dessus les effets en tenue de sortie et par dessous dans les autres cas protégeant ainsi du froid.

La chemise et la cravate modèle 35, les bandes molletières modèle 18 (ou les jambières en cuir modèle 16 ou 21) et les brodequins modèle 17 du modèle général font également partie de la tenue portée en Algérie et en France.

Les effets de toile (bourgeron et pantalon) portée en Afrique sont quant à eux abandonnés au profit des effets des troupes métropolitaines ; en 1939, capote croisée modèle 20, vareuse modèle 20 ou 20-35 et pantalon modèle 22 pour les hommes non montés, manteau modèle 20, 20-26 ou 20-35, vareuse modèle 20 ou 20-35 et pantalon modèle 22 ou 33 serré sous le genou pour les hommes montés.

Les pattes de collet sont en drap kaki avec numéros bleu foncé et soutaches bleu ciel chez les Tirailleurs.

Au printemps 1940, les effets d'habillement modèle 38 rares à la mobilisation sont largement en service, surtout le pantalon golf dont la production a été intensive durant l'hiver. La capote à un seul rang de bouton, le manteau pour troupe montée ou la vareuse modèle 38 nettement moins fabriqués équipent rarement les corps de troupe de manière homogène. La plupart en reçoivent, mais seulement à titre de remplacements partiels des effets des anciens modèles qui ne manquaient pas à la mobilisation.

La 87e DIA a reçu en février 1940 le rare équipement modèle 1935. Principalement affecté à l'infanterie, ses faibles cadences de production ne permettent pas, loin s'en faut, de remplacer les équipements de l'ancien modèle qui continuent d'être le lot quotidien de bien des unités de l'armée française. De surcroît, l'équipement modèle 1935, dont les cartouchières sont conçues pour les lames-chargeurs de 7,5 mm du MAS 36, est dans de nombreux cas distribué à des unités dotés d'un armement en 8 mm Lebel. Le fusil MAS 36 est en effet encore plus rare que l'équipement modèle 35 qui est distribué à la cavalerie encore équipée de cartouchières modèles 16 !

 


L'éqiupement modèle 1935
Cisaille renforcée, sac supérieur, bretelles de suspension, cartouchières, ceinturon, trapèze
de suspension, masque à gaz ANP 31, bidon, musette, étui de PA.

Armement

MAS 36

Le mythique fusil MAS 36 (102 cm / 4,020 kg / magasin 5 cartouches cal. 7,5 mm) est en réalité assez rare. La majorité de l'infanterie est équipée du fusil 8 mm Berthier modèles 1907M15 ou 1916 (130,6 cm / 4,290 kg / magasin 5 cartouches), surnommé "canne à pêche" tandis que les autres armes se partagent les moins encombrants mousquetons d'artillerie 8 mm Berthier modèles 1892 ou 1916 (94,5 cm / 3,405 kg / magasin 5 cartouches) et le Lebel modèle 1886 M 93 (130,7 cm / 4,415 kg / magasin 8 cartouches).

PA 1935 A

Même variété pour les armes de point ; pistolets automatiques 7,65 mm Ruby 1915, Star 1917 et modèles du commerce ou plus rarement modèles 1935 A et 1935 S, revolvers 8 mm modèle 1892 ou 11 mm modèles 1873 et 1874 ressortis des stocks pour équiper l'artillerie et le train notamment.

La situation est bien meilleure pour ce qui est des armes collectives. Le fusil-mitrailleur de 7,5 mm modèle 1924 M 29, dont la production a été importante depuis 1930, équipe l'ensemble des troupes à l'entrée en guerre, comme la mitrailleuse de 8 mm Hotchkiss modèle 1914, dont les stocks étaient considérables en 1939.

FM 24-29

Hotchkiss 14


Sources et liens :

SHAT Vincennes :
87e DIA - JMO - côte 32N348
18e RTA - côte 34N275 :
  4. J.M.O. du régiment - 2 septembre 1939 - 18 juillet 1940
  5. JMO 2e bataillon - 2 septembre 1939 - 15 juillet 1940
  6. JMO 3e bataillon - 4 septembre 1939 - 5 mai 1940
  7. Compagnie hors rang - 15 mai - 25 juin 1940
  8. Rapports d'officiers - septembre 1939 - juin 1940
  9. Listes nominatives d'officiers, personnel officiers, renforts - novembre 1939 - juin 1940
 10. Mouvements, stationnements, ordres et comptes rendus d'opérations - avril - juillet 1940
19e Bataillon Autonome de Tirailleurs Sénégalais - côte 34N1102 4 à 8

1940 L'infanterie - François Vauvillier - Ed. Argout 1980

L'armement de l'infanterie française 1918-1940 - Stéphane Ferrard - Ed. Argout 1979

Militaria Magazine - http://www.militariamag.com/


Soldats du 18e RTA enterrés dans les cimetières militaires des départements de l'Aisne et de l'Oise


NOM ET PRENOMS CLASSE RECRUTEMENT GRADE DATE DE DECES SITE
1 ADJ KACI Salem Ben Kaci 1933 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
2 AMAOUZ Salah

Caporal
02 - SOUPIR -  "SOUPIR N°2"
3 ARRIGHI Fernand 1927 Alger (Algérie) Soldat 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
4 BELKACEM Mohamed
Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
5 BELMENE Ahmed

Soldat 06/06/40 02 - VAUXAILLON -  "VAUXAILLON"
6 BENAHMED Bekhedda

Sergent
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
7 BILLOT Marcel Gaston 1931 Montpellier Soldat 06/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
8 BLONDIN Ludovic 1920 Montpellier Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
9 BONAFOUS Jean Pierre
Angoulême Capitaine 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
10 BONMIER Jean 1931 Alger (Algérie) Sergent
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
11 CASHA René 1934 Alger (Algérie) Soldat 10/06/40 02 - SAINT QUENTIN -  "SAINT QUENTIN"
12 CHERBRAHIM 1930
Soldat 06/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
13 CHESNEL René

Soldat 20/05/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
14 CHIBAH HOCINE Ben Ameur

Soldat
02 - SOUPIR -  "SOUPIR N°2"
15 CHOUADI Saïd Si Ahmed 1933 Alger (Algérie) Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
16 DEBIANE Rabah
Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
17 DJAIDI Memars 1932 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
18 DOMBRE Jean Jacques 1932 Cahors Sergent-Chef 06/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
19 ESCANDELL Marcel 1925 Constantine (Algérie) Caporal 06/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
20 FAMILIER Armand 1936 Toulon Caporal 04/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
21 FELLALI Ali Ben Ahmed

Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
22 FERADJI Admet 1934 Alger (Algérie) Soldat 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
23 GACHENOT Emile 1926 Alger (Algérie) Sergent 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
24 GHRIB Miloud Ben Mohamed

Sergent 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
25 GUARINOS François
Alger (Algérie) Sergent 23/05/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
26 GUILLERMINET Eugène 1926 Alger (Algérie) Sergent-Chef 08/06/40 02 - SAINT QUENTIN -  "SAINT QUENTIN"
27 HALLI Mohamed Ben Rabah

Soldat 01/06/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
28 KACED Areski

Soldat 25/05/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
29 KHELLOUFI Amer Ben Mohammed 1935 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
30 LAROCHE Pierre
Clermont-Ferrand Soldat 06/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
31 MALLIK Ali

Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
32 MARES Jean

Sergent-Chef 23/05/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
33 MILLIOUD Sylvain
Alger (Algérie) Soldat 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
34 MIRAS François 1933 Alger (Algérie) Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
35 MISSOUN Mohamed

Soldat
02 - SOUPIR -  "SOUPIR N°2"
36 MOKRANI Mohamed 1935 Alger (Algérie) Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
37 MONNA André

Caporal 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
38 MOREN Joseph

Soldat 27/05/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
39 NOURINE Hocine

Soldat 13/06/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
40 SAADAT Oamar

Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
41 SAID Ben Benyahia 1931 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
42 SERVERA Raphaël
Alger (Algérie) Caporal 05/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
43 SLIMANI Saïd

Soldat 26/05/40 60 - CAMBRONNE-LES-RIBECOURT -  "CAMBRONNE-LES-RIBECOURT"
44 TABANI Mohamed

Soldat
02 - SOUPIR -  "SOUPIR N°2"
45 TAHRI Abdallah

Soldat 06/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
46 TEROUI Salah 1935 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
47 VENTEJOUX Léon 1921 Alger (Algérie) Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
48 VIET Maxime*

Lieutenant 05/06/40 02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
49 ZENDJABIL Saïd 1931 Alger (Algérie) Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
50 1 INCONNU FRANÇAIS

Soldat
02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"
51 1 INCONNU FRANÇAIS

Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
52 1 INCONNU FRANÇAIS

Soldat
02 - CHAMPS -  "CHAMPS"
56 4 INCONNUS FRANÇAIS

Soldat 09/06/40 02 - AMBLENY -  "BOIS-ROGER"

Source : DIR AC Metz – Service des Sépultures de guerre

* Maxime Viet, né le 19/01/1900 à Breny (02), lieutenant au 18ème Régiment de Tirailleurs Algériens, mort au combat le 5 juin 1940 sur le canal de l'Ailette dans l'Aisne.
Monument aux Morts
1939-1945 - 77 - Noyen-sur-Seine / VIET Maxime Emile


Militaires du 18e RTA décédés durant la Seconde Guerre mondiale sur
www.memoiredeshommes.sga


Nom Prénom Date de naissance Lieu de naissance
1 ABDELLI AHMED BEN ANERKI
09/06/11 Algérie
2 ABERKENE Ali
Indéfini
3 ADMANE Ali Ben Ahmed 00-00-1909 Indéfini
4 AIRECHE Mohamed Ben Arab 01/05/14 Algérie - Alger
5 AIT SIAMAR HOCINE
00-00-1911 Algérie - Alger
6 AITGACEM Omar ben Mohamed 00-00-1908 Algérie
7 AKHEMOUN Mohand 02/11/08 Algérie
8 AKRICHE MOKRANE
00-00-1912 Algérie - Alger
9 AMAOUZ-SALAH
18/11/10 Algérie - Alger
10 AMIAR MOHAMED
25/03/18 Algérie
11 AMIMER Djema 01/11/09 Algérie - Alger
12 AMMAR Ali Ben Mohammed 00-00-1913 Algérie - Alger
13 AMRAR DJEMA
00-00-1910 Algérie
14 ARNAUD Etienne Louis Gabriel 29/08/12 34 - HERAULT
15 AROUS Saïd 29/11/19 Algérie
16 ARRIBAT Rolland Arthur 16/08/04 34 - HERAULT
17 ARRIGHI Fernand 23/10/07 Algérie - Alger
18 ATMIMOU Mohammed 06/11/13 Algérie - Alger
19 ATTAF MOHAMED
11/08/12 Algérie
20 AYACHE MOHAMED
21/07/11 Algérie - Alger
21 BAGNIS Jacques Marius 18/11/12 83 - VAR
22 BANOUN Aïssa 23/08/14 Algérie
23 BELKHADEM Mohammed 15/01/15 Algérie - Alger
24 BELLAL Ammar 25/09/08 Algérie
25 BERREKSI FERHAT
13/05/11 Algérie - Alger
26 BIRAME Sylla 00-00-1922 Sénégal
27 BONAFOUS Jean Pierre Vincent Rémy 11/12/04 16 - CHARENTE
28 BONNIER Jean Charles 13/03/11 Algérie - Alger
29 BOUKHALFA Omar 02/03/13 Algérie - Alger
30 BOURNANI Ali 19/04/11 Algérie
31 CALVET Marius Roger Louis 07/12/11 Indéfini
32 CASHA René Joseph Pierre 17/01/14 Algérie - Alger
33 CHAOUADI Saïd Ben Si Ahmed 13/06/11 Algérie
34 CHERRAK MOHAMED
27/04/12 Algérie
35 CHESNEL René André 29/08/12 Algérie
36 CIEMNIAK Jean 06/01/20 Pologne
37 DABOUZ Saïd Ahmed 26/02/09 Algérie
38 DAHMANE Akli Ben Ahmed 19/06/14 Algérie
39 DAMIM ALI
00-00-1910 Algérie
40 DEBIANE RABAH Ben Mohamed 25/11/13 Indéfini
41 DELMAS Jean Antoine Joseph Albert 09/11/09 48 - LOZERE
42 DERBANE Moussa 01/04/12 Algérie - Alger
43 DIEULOUARD Gabriel Octave Augustin 09/03/13 51 - MARNE
44 DJEMMAD Rabah 00-00-1913 Algérie - Alger
45 DJILALI Mohamed Ben Slimane 19/12/15 Algérie
46 DO René Léopold Augustin 20/05/05 34 - HERAULT
47 DOMBRE Jean Jacques 27/06/12 31 - HAUTE-GARONNE
48 DUMONT Léon Ernest 11/11/10 30 - GARD
49 ESCANDELL Marcel Emile 09/01/05 Algérie
50 ESCUDIER Michel Joseph 11/03/04 81 - TARN
51 FAMILIER Armand Jean 15/11/16 31 - HAUTE-GARONNE
52 FERHAH Tahar 28/11/06 Algérie - Alger
53 FERRADJI Ahmed 00-00-1912 Algérie - Alger
54 FITAS Mohamed 00-00-1908 Algérie - Alger
55 FOUDI Mohamed 03/03/11 Algérie - Alger
56 FOUSTER Victor 19/09/03 Algérie - Alger
57 GACHENOT Emile Henri 25/07/06 Algérie - Oran
58 GASSI Mohamed 03/01/13 Algérie
59 GAUTHIER Jean Marie 19/10/17 88 - VOSGES
60 GAUTIER Jean Louis Pierre 27/12/14 35 - ILLE-ET-VILAINE
61 GENESTAR Etienne 29/06/04 Algérie
62 GHARBI Ali 00-00-1911 Algérie
63 GHERSBRAHAM Mohammed 09/11/08 Algérie
64 GHRIB Miloud Ben Mohammed 24/04/07 Algérie
65 GUARINOS François 13/12/17 Algérie
66 GUILLERMINET Eugène Jean 19/05/06 Indéfini
67 HALLI MOHAMED BEN RABAH
00-00-1910 Algérie
68 HAMM Mohamed 02/11/11 Algérie
69 HAMMAD BELKACEM BEN MOHAND
29/05/14 Algérie
70 HAMMAZ RABAH
00-00-1909 Algérie
71 HAMRAOUI FERHAT
15/07/10 Algérie
72 HAMROUN Mohammed 28/03/10 Algérie
73 HANACHI Mohamed 11/07/15 Algérie
74 HOUALI Mohamed ben Mohamed 00-00-1913 Algérie
75 IDIR Arezki ben ali 15/08/10 Algérie
76 IDIR Arezki ben mohamed 00-00-1911 Algérie
77 IHADDADENE Arezki 20/11/11 Algérie
78 KACED Areski
Indéfini
79 KACEMI Brahim 00-00-1914 Algérie
80 KALEM AMARA

Indéfini
81 KHELFANE KHELFALLAH
00-00-1910 Algérie - Alger
82 KHELIFI Aomar Ben Ahmed 17/02/19 Algérie
83 KHELLOU FI AMER BEN MOHAMMED
00-00-1914 Algérie
84 LACOSTE Jean Marie Antonin 27/11/12 31 - HAUTE-GARONNE
85 LAIDI Mehmed 00-00-1913 Algérie
86 LAMRI BOUTELDJA BEN MOHAMMED
00-00-1913 Algérie
87 LAROCHE Pierre Louis 17/12/18 77 - SEINE-ET-MARNE
88 LIGNE Eugène Henri 17/04/10 75 - SEINE
89 MAHIOUT TAHAB Ben Arezki 26/06/09 Algérie
90 MALLIK Ali 26/10/08 Algérie
91 MARES Jean Roger Marie 12/01/03 Algérie - Alger
92 MARTINEZ Antonio Estevan 26/12/01 Algérie
93 MEDOUNI BOUDJEMA
04/01/17 Indéfini
94 MELKI Mohamed 00-00-1912 Algérie
95 MELLAL Ali 07/09/12 Algérie - Alger
96 MENHOUDJ Abdelkader 04/12/12 Algérie
97 MENSOUS Mansour 15/03/15 Algérie
98 MESSAOUR Ramdane Ben Mohamed 15/08/13 Algérie
99 MILLIOUD Sylvain 03/05/17 Suisse
100 MILOUD Hamaidi 00-00-1911 Algérie
101 MISSOUM MOHAMMED BEN SAID
18/02/13 Algérie
102 MOHAMED CHAIB
00-00-1912 Algérie
103 MOHAMED LAIDI ou SAIDI
00-00-1913 Algérie
104 MOKRANI MOHAMMED BEN MOHAMMED
07/10/12 Algérie
105 MOLINA Jean 11/05/11 Espagne
106 MOLY Pallade 17/12/12 66 - PYRENEES-ORIENTALES
107 MONDOUD Belaid
Indéfini
108 MONNA André Emile 30/06/09 30 - GARD
109 MOREN Joseph Vincent 11/01/07 29 - FINISTERE
110 MOUCHOU Said 09/04/16 Algérie
111 MOULOUD BELAID
Indéfini
112 MOULOUD BELAID
02/12/10 Algérie
113 MURAT Marc 11/01/09 Russie
114 NOURINE HOCINE BEN MILOUD
00-00-1913 Algérie
115 ORTUS Alphonse Marie Arthur Jean 20/06/04 34 - HERAULT
116 OUABRI Mohammed 09/04/11 Algérie
117 OUAIL Rabah 06/06/10 Algérie
118 OUDJIANE Ali ben Kaci 04/11/05 Algérie
119 OUHAB Abdera Hmane 08/08/13 Algérie - Alger
120 OURAMDANE Mohand 13/04/12 Algérie
121 PENEAU Charles Jean constant 24/04/99 44 - LOIRE-INFERIEURE
122 PIN Honoré 25/05/05 06 - ALPES-MARITIMES
123 PRIGENT Charles André 19/09/14 29 - FINISTERE
124 RAMDAM BOURABA

Indéfini
125 RICCIO Edmond Fortuné Joseph 12/06/15 06 - ALPES-MARITIMES
126 RIDEN Ali 23/04/13 Algérie
127 ROSSA Charles 17/05/14 Indéfini
128 SAADAT Omar 00-00-1908 Algérie
129 SAID BEN BENYAHIA
00-00-1907 Algérie
130 SAIDANI Ramdane 13/10/09 Algérie
131 SAIDI SALEM BEN MOHAMMED
13/01/12 Algérie
132 SALEM CHERIF Rabah 17/12/10 Algérie
133 SAOU-MOHAMMED
08/01/14 Indéfini
134 SAUTTER Lucien Victor 19/07/02 Algérie
135 SENDJESNI MOHAMED BEN M'HAMMED
00-00-1911 Algérie
136 SERRADJI Mohammed 22/01/13 Algérie
137 SERVERA Raphaël 16/10/01 Indéfini
138 SI AHMED MOHAMED OUALI HADI BEN SAID Slimane 13/01/11 Algérie
139 SIDI MAMAR RABIA BEN SI AHMED
26/11/08 Algérie
140 SLIMANI Mouhoub Ben Mohamed 00-00-1912 Algérie
141 SLIMANI Saïd Ben Slimane 00-00-1910 Algérie
142 TABANI Mohammed 15/09/08 Algérie
143 TAHRI ABDALLAH
00-00-1913 Algérie
144 TAOUDIAT Mohammed Arezki 04/03/15 Algérie - Alger
145 TEMMAL SAID BEN AMARA
23/04/12 Algérie
146 TIGHEDINE Mohammed 27/08/15 Algérie
147 TLILI Mebarek 01/01/15 Algérie
148 TOURNIER Guy Etienne Henri 10/10/11 Algérie
149 TROUCHE Jacques Germain Dieudonné 00-08-1903 34 - HERAULT
150 VENTEJOUX Léon Camille
53 - MAYENNE
151 VICENS Raymond
Algérie - Alger
152 YEDDOU Mohamed 14/02/12 Indéfini
153 ZAIDI AHMED
20/02/21 Algérie
154 ZANOUN Mohammed 19/03/11 Algérie
155 ZAOUNI MOHAMMED Ben Moussa 13/12/12 Indéfini
156 ZENDJABIL SAID Ben Bendjena 00-00-1910 Algérie


Insigne du 5e RTA

Insigne du 5e RTA (1936). Dieu est le plus grand.
Le 18e R.T.A. n'aura pas le temps de se doter d'un insigne en 1939-40.


Les réservistes du recrutement d'Alger

On trouve parmi les réservistes du 18e RTA nombre de recrues d'Alger et ses environs ainsi que de l'est du département, zones où se trouvent en 1939 les garnisons du 5e RTA, dont Maison-Carrée et Tizi-Ouzou.

Maison-Carrée, à une douzaine de kilomètres à peine à l'est du centre d'Alger (devenue en 1959 le 10e arrondissement d'Alger) doit son nom à l'ancienne forteresse turque dominant l'Oued El Harrach.

Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l'est d'Alger est la principale ville de la Grande (ou haute) Kabylie. La Kabylie est un ensemble que forment les montagnes telliennes entre Alger et Constantine, autour des massifs du Djurdjura et des Babors. La Petite (ou basse) Kabylie gravite quant à elle autour de Bougie (département de Constantine) à 180 kilomètres à l'est d'Alger, la plus grande ville de Kabylie. Dand l'ouest algérien, tous les kabyles sont désignés sous le nom de Zouaoua, qui a donné Zouave en français. Les premiers fantassins indigènes entrés au service de la France étaient originaires de cette confédération de tribus kabiles.

A la fin de son service actif, tout appelé devient réserviste. Devant au total vingt huit années d’obligations militaires, il passe tout d'abord 16 ans dans la première réserve jusqu’à l'age de quarante ans puis 8 ans dans la deuxième réserve (unités territoriales) jusqu’à quarante huit ans, pour les français, car les règles sont différentes pour les indigènes.

On trouve ainsi en théorie en 1939 dans les unités de la première réserve, des hommes nés entre 1899 (classe 1919) et 1915 (classe 1935). 

Les réservistes du recrutement d'Alger ont pu servir entre 1919 et 1937 dans les différentes unités d'active issues du département : 1er RTA de Blida (à 50 km au sud-ouest d'Alger, garnisons au centre-ouest nord du département), 5e de Maison-Carré (est d'Alger, garnisons au centre et est du département), 9e de Miliana (à 110 km au sud-ouest d'Alger, garnisons au sud-ouest et ouest du département), 13e de Metz, 17e (dissous en 1929), 21e d'Epinal, 25e de Sarrebourg, 29e (dissous en 1925) ou 33e RTA (dissous en 1924 en Allemagne). 

Pour mémoire, selon les principes de numérotation des RTA, dans les années 20, les régiments stationnés en Algérie et Tunisie sont numérotés de 1 à 12, les régiments stationnés hors de leur pays d'origine, mais dans le bassin méditerranéen conservent la série de 13 à 20 (le 13e RTA était au Maroc avant d'être stationné à Metz). Les régiments stationnés en France sont numérotés à partir de 21, chacun d'eux était jumelé, pour la relève, avec un des régiments stationnés en Algérie-Tunisie, dont il prend le numéro augmenté de 20. 

Certains (classes 1924, 1925, 1926, nés en 1904, 1905, 1906) ont donc pris part à la campagne du Maroc en 1925-26 au sein du 5e RTA. Le 5e RTA fait partie des cinq nouveaux régiments formés en 1913 grâce à la réforme de 1912 sur le recrutement des indigènes. Il est constitué à Maison Carrée près d'Alger à partir du 1er RTA d'Alger et combat en France en 1914-1918 puis au Maroc en 1925-1926. Son Drapeau porte les inscriptions : Verdun 1916, Picardie 1918, Mont-Faucon 1918, Maroc 1925-1926. 

 

Le 5e Tirailleurs Algériens au Maroc en 1925-1926

Au moment même où le 18e RTA est au Levant, le 5e RTA est envoyé au Maroc, où dans les montagnes du nord-est du pays, le Rif, sous protectorat espagnol, les tribus berbères conduites par leur chef Abd-el-Krim se soulèvent depuis 1921 contre les espagnols et ont proclamé en 1922 la République confédérée des Tribus du Rif. Les espagnols battus doivent peu à peu se retirer sur la côte. 

La France intervint dès 1924 pour venir à leur secours et éviter la contagion au reste du Maroc, alors sous sa domination. Des postes avancés furent installés par l'armée française, ce qui provoqua l'affrontement avec les troupes rifaines, écrasées lors de l'offensive française vers Fès pendant l'hiver et le printemps 1924.

En avril 1925, l
es Rifains lancent une offensive vers le sud et la zone sous protectorat français. Lyautey doit tout d'abord se replier sur Fès et Taza. Paris envoie alors Pétain en juillet 1925, qui s'entend avec la jeune dictature espagnole de Primo de Rivera. En septembre 1925, Pétain reçoit le commandement des forces du Maroc ... et les moyens jusque là refusés à Lyautey, qui démissionne en octobre. De Gaulle dira plus tard de cet épisode, qui permet à Franco d'émerger et à Pétain de se renforcer ... : Pétain est un grand homme mort en 1925.

Au printemps 1926, l'offensive franco-espagnole, usant du gaz moutarde déversé par avion, permet la reconquête des territoires aux mains des rifains et la reddition d'Abd-el-Krim le 27 mai 1926, qui met un terme à cinq ans de lutte anticoloniale dans le Rif.

En 1926-1939

Le 5e RTA d’active constitue à la mobilisation de 1939 la 81e Division d’Afrique (division de première catégorie, Gal Beynet puis Chevalier) avec le 1er et le 9e R.T.A. de la 5e brigade d'infanterie algérienne de la division d'Alger du temps de paix. La 81e D.I.A. reste en Afrique du Nord (TOAFN), sur le Front Sud Tunisien (Gal Poupinel) et la « Ligne Mareth » (position fortifiée face à la frontière tripolitaine de Mussolini entre la mer et le Djebel Matmata). Le 5e R.T.A. passe ensuite à la 180e Division (ou 87e DIA bis !) Gal Rochas, souvent remaniée qui comprendra en fin d'opérations le 22e Zouaves, les 5e et 23e Tirailleurs Algériens, et demeurera sur le Front Sud Tunisien … où l’attaque contre Tripoli retardée jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie, le 10 juin 1940, ne sera finalement pas lancée avant la signature de l’armistice, le 25 juin 1940.

Le 25 janvier 1941, peu après leur retour à Maison-Carrée, les indigènes du 5e RTA se mutinent notamment contre les exercices répétés particulièrement rigoureux délibérément organisés le vendredi ... 9 tirailleurs considérés comme meneurs sont condamnés à mort et éxécutés devant les garnisons d'Alger, le 5e RTA désarmé au premier rang. (Anthony Clayton - Histoire de l'Armée Française en Afrique 1830-1962). Le 5e RTA est alors dissous. Il sera reconstitué le 1er mars suivant à partir du 13e RTA reconstitué le 5 février 1941 à Maison Carrée.

 



Durée des obligations militaires

En 1939, la durée des obligations militaires est de 28 années (entre l'âge de 20 et 47 ans) dont 1 an de service actif puis 3 ans de disponibilité, 16 ans de première réserve et 8 ans de 2e réserve (territoriale). Les classes mobilisées vont donc jusqu’à la classe 1913 pour la deuxième réserve, c’est à dire des hommes de 47 ans qui ont déjà connu toute la Grande Guerre. La plus ancienne présente au 18e RTA parmis les morts au combat est la classe 1920, nés en 1900 (2e réserve).

La durée du service actif en temps de paix avait été portée de 2 à 3 ans en 1913, puis ramenée à 18 mois en 1923 et 1 an en 1928. 

Les soldats mobilisés en 1939 connaissent des destins différents. Après la débâcle, la grande masse des prisonniers restent mobilisés jusqu’à leur libération, pour beaucoup en 1945. Parmi ceux qui ont échappé à la captivité, une partie est démobilisée immédiatement, l’autre partie est maintenue dans l’armée de l’armistice et les plus jeunes intégrés dans les Chantiers de la Jeunesse. Après novembre 1942, le destin militaire des Français de Métropole et celui des Français d’Afrique du Nord vont radicalement s’éloigner. Alors que l’AFN connaît une des plus grandes mobilisations jamais organisées, en métropole, d’autres formes de conscriptions subsistent comme les Chantiers de la Jeunesse, ou sont instituées comme le STO qui connaissent l'une et l’autre un taux très importants de réfractaires. 



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