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Les Tirailleurs contre-attaquent

Manicamp - Saint-Paul-aux-Bois - Quierzy - Besmé - Blérancourt

19 MAI 1940 Au 10e jour de l'attaque allemande, les Panzers sont en vue des côtes de la Manche, Weygand succède à Gamelin à la tête des armées françaises et établit avec les forces qui lui restent la ligne de la dernière chance derrière la Somme et l'Aisne, avec l'Ailette sur la route de Paris.

Loin derrière les troupes motorisées, l'infanterie allemande atteint l'Ailette : 1.Gebirgsjäger-Division puis 72. Infanterie Division.

Le 18e Tirailleurs, arrivé dans la nuit précédente, 1er Bataillon en tête, prend possession des ponts entre Champs et le Bac d'Arblincourt sur le canal de l'Oise à l'Aisne, soit un front de 4 km, entre le 9e Zouaves (87e D.I.A. également) à droite et la 23e DI à gauche. PC du Régiment à La Rue de Noyon. Dès le 21, les allemands tentent de franchir les ponts. Ils seront sytématiquement repoussés jusqu'à l'ordre de repli du 6 juin.
 
        

Dispositif du 18e RTA
sur l'Ailette le 4 juin 1940 au soir.
Le front du Régiment s'étire sur 6 500 mètres, soit 3 250 mètres pour chacun des deux bataillons en première ligne.
Carte Michelin n°56
         
Mise en évidence du relief en arrière et à droite du sous-secteur du Régiment.
L'altitude dans Manicamp est de 41 mètres, Saint-Paul-aux-Bois 50, Guny 60. Derrière Pont-Saint-Mard l'altitude est de 156 mètres, derrière Saint-Aubin 160, Blérancourdelle 128, Camelin-Le Fresne 153, ... 

2 JUIN 1940 Le front du Régiment est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue et ramené à droite Pont de Champs - la Tinette exclus. Les principaux points d'appui (Cie) du 18e Tirailleurs sont le Bois de Manicamp, le Bois de Fêve, Manicamp, St-Paul-aux-Bois, Besmé, Blérancourt. Les défenses se prolongent en arrière par Camelin et le Fresne, Cuts, Mont de Choisy. Le sous-secteur du Régiment s'étend alors sur 6.500 mètres de front par 8 de profondeur ce qui correspond au secteur d'une Division, dont l'effectif est de 500 officiers et 17.000 hommes (Aide-Mémoire de l'Officier de Réserve d'Infanterie, Lt-Col. Arendt, 1939). 

A gauche, dans le quartier de Manicamp, le IIIe Btn (Cap Vigne) a relevé dans la nuit du 1er au 2 juin le 126e RI. Le terrain n'a pas été organisé. Il est désormais occupé par cinq Compagnies : 10e, 9e, 11e, 5e, CA3 et deux Sections de Mitrailleuses. La 11e Cie assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI. A droite, le quartier de Trosly-Loire - Pont de Champs tenu par le 2e Btn Haack a été pris en charge par les Zouaves. Le Ier Btn du 18e Tirailleurs a alors à sa droite le 9Z. 

5 JUIN 1940 A l'aube, trois régiments attaquent en force sur l'Ailette devant de 18e RTA. Le 475. Infanterie Regiment (IR) de la 255. Infanterie Division (ID) de réserve franchit la canal au pont de Bichancourt avec à sa gauche les trois régiments de la 72. Infanterie Division allemande (XVIII.ArmeeKorps) 266. Infanterie Regiment, 124. IR tous deux devant les Tirailleurs et 105. IR devant les Zouaves. Après une intense préparation d'artillerie, l'action est menée avec brouillard artificiel et aviation bombardant en piqué, les assaillants se heurtent à l'acharnement et à l'habileté des Tirailleurs et des Zouaves, à leurs redoutables tireurs cachés dans les arbres et leurs mitrailleuses bien enterrées. Ce n'est qu'au prix de lourdes pertes que l'infanterie allemande parvient à franchir le canal de l'Oise à l'Aisne et à avancer en contournant les défenses françaises vers Manicamp pour le 475. IR, la Ferme Neuve pour le 266.IR, St-Paul-aux-Bois pour le 124.IR et Trosly-Loire pour le 105.IR.

La défense est héroïque, les PA encerclés tiennent mais l'ennemi les contourne. A 14 h, St-Paul-aux-Bois (I/18) tombe puis Manicamp (III/18) à 15 h, la ferme Neuve vers 16 h, la Ferme Favette vers 19 h 20. Le PC du Régiment à la Rue de Noyon est investi à 17 h et mis en état de défense. La 10e Cie tient au Bac jusqu'à 20 h puis se replie sur Manicamp, où elle doit se rendre. Une section de la 11e compagnie passe l'Oise et rejoint le 107e RI. Besmé (II/18) est pris dans la nuit vers 1 h 30. Les pertes ennemies sont importantes et plus de cent prisonniers ont été faits. La nuit est mise à profit pour le ravitaillement en munitions, la réparation des circuits téléphoniques et la remise en place de l'artillerie. 

6 JUIN 1940 Au petit jour, les allemands poursuivent en direction de Blérancourt. Le 18e RTA se lance alors dans une vigoureuse contre-attaque depuis la Rue de Noyon en direction de la Ferme Favette pour dégager la dernière batterie de 75 du 87e RA encerclée. Renforcés par une compagnie du 17e RTA et appuyés par une section de 2 chars du 36e BCC, des FT17 de la Grande Guerre, les Tirailleurs repoussent les allemands et capturent 16 prisonniers dont un officier. La progression ennemie est stoppée mais reprend en début d'après-midi en direction de Camelin - Le Fresne. Vers 17h, la 9e Bat du III/87, a épuisé ses munitions et subi une attaque par avion, Encerclée elle fait sauter ses pièces. A 19h, violente attaque allemande sur Camelin - Le Fresne. Il n'y a plus d'appui d'artillerie, plus de munitions, plus de renfort, mais la défense du village est acharnée. Vers 22h, le Chef de Bataillon Caffarel du IIe Bataillon du 17e RTA est tué et son adjoint grièvement blessé, le village tombe. 

De leur côté, les Zouaves interdisent tout franchissement au Bois de la Tinette. Les allemands n'en poursuivent pas moins leur avance et au soir, le 266.IR atteind la colline au sud-est de Blérancourt, le 124.IR les hauteurs au sud de St-Aubin et le 105.IR Ouilly - Vézaponin. 

L'ordre de décrocher arrive de la Division. La 11e Cie en liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette dernière. Le repli s'effectue en ordre à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne, IIe Btn en arrière garde.

Ce repli en ordre permet aux Tirailleurs d'être immédiatement, engagées dans de durs combats sur l'Aisne malgré les pertes ont été sensibles de ces deux jours ; le Rgt est réduit à la valeur d'un faible Bataillon (sans doute un quart de l'effectif; un Btn compte 850 hommes, un Rgt 3.000). 

Le prix payé par les allemands sur l'Ailette est également élevé ; pour ces deux jours 1.800 morts, 4.500 blessés et plus de 200 prisonniers. Des pertes qui attestent qu'ici comme ailleurs l'armée française s'est battu courageusement en 1940. 

5 juin 1940, deux régiments allemands franchissent le pont de Bichancourt

Les Tirailleurs abandonnés à leur sort 

Le 18e RTA tient une position particulièrement intenable avec pour toute protection le canal de l'Ailette, sans vue sur l’autre rive, l'Oise à gauche le séparant du 24e CA, dont il dépend, les pentes du plateau dominant l’Ailette et l’Aisne à droite et en arrière. C’est à cet endroit, que de ce côté du front, les allemands vont porter tous leurs efforts avec de l’infanterie en nombre pour tenter de s'emparer à revers des défenses de Noyon et de Blérancourt. 

Quatre régiments allemands sont engagés contre le 18e RTA qui a deux bataillons en première ligne et un à Blérancourt. A gauche, le 475. IR (255. ID de réserve) et derrière le 485. IR (263. ID, 5. AK), attaquent en force au pont de Bichancourt vers Manicamp le 5 juin 1940 à l'aube, le 485. IR pour aller repasser l’Oise au sud de Noyon et prendre avec le 5. AK la ville en tenaille. A droite, deux régiments de la 72. ID (44. AK) avancent, le 266. IR, par les fermes Favette et Neuve, et le 124. IR, par St-Paul-aux-Bois, vers Camelin-Le Fresne et St-Aubin. 

Aucun renfort n'est envoyé sur l’Ailette après la prise de St-Paul-aux-Bois et Manicamp le 5 juin en début d'après-midi. Tout au plus, le 24e CA envoie à la mi-journée les éléments motorisés du 25e GRCA sur le canal latéral à l’Oise entre Varesnes et Quierzy pour renforcer la défense de la rive nord face au sud, en liaison à Salency avec le 52e Bataillons de Mitrailleurs Motorisés, ce qui arrête jusqu'au 7 la progression du 485. IR vers le sud de Noyon par la vallée de l’Oise. Le 16e GRDI, mis à la disposition de la 87e DIA le 6 juin, par la 11e DI en défense sur l'Aisne, couvrira quand à lui la gauche de la 87e DIA dans la région de Carlepont puis sa retraite vers le pont de Berneuil !

Le champ de bataille pdf Carte Google Mapsaide-mémoire 39 pdf

30 Tirailleurs du 18 e RTA reposent au Cimetière Militaire de Champs :

GRADE NOM ET PRENOMS CLASSE RECRUTEMENT DATE DE DECES
Soldat 1 INCONNU FRANÇAIS


Soldat 1 INCONNU FRANÇAIS


Soldat ADJ KACI Salem Ben Kaci 1933 Alger (Algérie)
Soldat ARRIGHI Fernand 1927 Alger (Algérie) 05/06/40
Soldat BELKACEM Mohamed
Alger (Algérie)
Sergent BENAHMED Bekhedda


Soldat BILLOT Marcel Gaston 1931 Montpellier 06/06/40
Capitaine BONAFOUS Jean Pierre
Angoulême 05/06/40
Sergent BONMIER Jean 1931 Alger (Algérie)
Soldat CHERBRAHIM 1930
06/06/40
Soldat DEBIANE Rabah
Alger (Algérie)
Soldat DJAIDI Memars 1932 Alger (Algérie)
Sergent-Chef DOMBRE Jean Jacques 1932 Cahors 06/06/40
Caporal ESCANDELL Marcel 1925 Constantine (Algérie) 06/06/40
Caporal FAMILIER Armand 1936 Toulon 04/06/40
Soldat FELLALI Ali Ben Ahmed


Soldat FERADJI Admet 1934 Alger (Algérie) 05/06/40
Sergent GACHENOT Emile 1926 Alger (Algérie) 05/06/40
Sergent GHRIB Miloud Ben Mohamed

05/06/40
Sergent GUARINOS François
Alger (Algérie) 23/05/40
Soldat KHELLOUFI Amer Ben Mohammed 1935 Alger (Algérie)
Sergent-Chef MARES Jean

23/05/40
Soldat MILLIOUD Sylvain
Alger (Algérie) 05/06/40
Caporal MONNA André

05/06/40
Soldat SAADAT Oamar


Soldat SAID Ben Benyahia 1931 Alger (Algérie)
Soldat TAHRI Abdallah

06/06/40
Soldat TEROUI Salah 1935 Alger (Algérie)
Lieutenant VIET Maxime

05/06/40
Soldat ZENDJABIL Saïd 1931 Alger (Algérie)

On trouve à Quierzy des traces de ces combats ; des douilles de 7,5 mm 1929 correspondant à l'armement individuel des Tirailleurs. Egalement, le site SGA / Mémoire des hommes mentionne le décès à Quierzy le 6 juin du Tirailleur Sendjesni Mohamed Ben M’Hammed du 18e RTA, né en 1911 à Douar Ouled Fares près d'Orléansville (Chlef) sous-préfecture du département d'Alger.

La 87e Division a reçu le 2 septembre 1940 pour ses faits d'arme la Citation à l'ordre de l'Armée qui suit :


         

GUERRE DE 1939-1940

ORDRE N° 210 C

Le Général Commandant en Chef, Ministre, Secrétaire d'Etat à la défense Nationale, cite :

A L'ORDRE DE L'ARMEE

87e Division d'Infanterie Nord-Africaine

" Attaquée sur la position de l'Ailette le 5 juin 1940, la 87e Division, sous l'impulsion de son chef, le Général Henry MARTIN, a opposé à l'ennemi une résistance héroïque. Toutes ses troupes : Infanterie, Cavalerie, Artillerie, rivalisant d'ardeur pour défendre à outrance les points d'appui, même lorsqu'ils étaient dépassés par l'ennemi ou encerclés, ne se sont repliées que sur l'ordre du Commandement, obligées souvent de se frayer un passage les armes à la main.

" Regroupées après la bataille, ces mêmes unités faisant preuve d'une telle discipline et d'un magnifique esprit de devoir ont pu, à nouveau, être engagées dans de durs combats qui ont marqué la défense de l'Aisne, puis la retraite vers la Seine et la Loire.

" Dans toutes ces opérations, la 87e D.I.N.A. a fait preuve d'abnégation, d'endurance, de vaillance, dignes des grandes traditions de l'Armée d'Afrique.

2 Septembre 1940.

Signé : WEYGAND.

         

 

Le terrain

Au 10e jour de l'attaque allemande, les Panzers sont en vue des côtes de la Manche, Weygand succède à Gamelin à la tête des armées françaises et établit avec les forces qui lui restent la ligne de la dernière chance sur la Somme et l'Aisne, avec l'Ailette sur la route de Paris. Loin derrière les troupes motorisées, le gros de l'armée allemande arrive à son tour.

La 87e DIA s'installe face à la 1.Gebirgsjäger-Division puis 72. Infanterie Division allemande (266., 124. et 105. Infanterie Regiment).

A gauche,
le 18e Tirailleurs prend en charge le front de l'Ailette du Pont au sud du Bac d'Arblincourt au pont de Champs soit 4 km. Fin  mai, le front tenu par le régiment est modifié. Il est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue et ramené à droite ; Pont de Champs et Ferme de la Tinette pris en charge par les Zouaves, soit près de 7 km.



L'Ailette rejoint l'Oise entre Quierzy et Manicamp et le canal de l'Ailette, qui relie l'Oise à l'Aisne, constitue, plus que la petite rivière, un obstacle naturel sur
l'axe de progression des allemands, parallèle à l'Oise, en direction de Paris.

face au Massif de St-Gobain (Basse et Haute Forêt de Coucy). L'Ailette et son canal rejoignent au sud le Chemin des Dames.
Bois de l'Hôpital
carte 56 avec patates des 3 rgt de la division du PC au front dia en vert tirailleurs en bleu zouaves en rouge
fin mai, la 87e Division passe à la 7e Armée. Son secteur est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue (au delà 23e DI) et ramené à droite au pont de la Vallée inclus (au delà, 7e DI rattachée à la 6e Armée).
canal constitue un obstacle à la progression des chars. berge du canal elle-même position exposée mais néanmoins organisée cf photo. Par endroit, le canal surplombe les prairies ou les bois et possède un talu permettant d'abriter les défenseurs  
 
Terrain formé de prairies offrant comme défenses naturelles quelques parties boisées et peu de relief sauf à Guny Pont-St-Mard ... sous-secteur des Zouaves constituant la défense centrale de la division carte relief maps
partie marécageuse le long de l'Oise à gauche du front

la grande guerre entre Somme et Aisne. à plusieurs reprises, combats se déroulent sur l'Ailette ;
 
Lors du repli ald mars 1917, (la rive nord de l'Oise est déjà libérée), Manicamp en flamme est abandonné par l'ennemi le 19. Dès le 20 la 81e DT tente de mettre en place des passerelles sur l'Ailette et son canal. La route de Manicamp à Marizelle, inondée sur ses deux côtés, est sous le feu des allemands. L'attaque sur l'Ailette est lancée le 24 mars au matin par le 236e RI (53e DI). Le canal rapidement franchi. A midi, le 236 atteint le Bac d'Arblaincourt puis Bichancourt et Marizelle.
 
Un an plus tard, le 21 mars 1918 les allemands attaquent au nord de l'Oise. Le 25 mars, ils tiennent la rive nord. Le 6 avril, ils attaquent sur la rive sud et occupent Autreville. La 19e DI se replie derrière le canal de l'Ailette. La progression allemande est arrêtée sur des positions préparées. Le 30 mai, les allemands franchissent l'Oise et entame le combat avec les éléments de couverture. A 13h30, ils sont à Manicamp.
 
Le 23 août 1918 au matin, Le 330e RI (132e DI, Xe Armée) attaque sur Quierzy et et le 166e sur Manicamp. Le Bataillon Morel (6/330) prend Quierzy à 5h30 avec avec 77 prisonniers 2 Minen et une trentaine de mitrailleuses. Le Bataillon Baudelle (1/166) prend Manicamp vers 7 h avec une trentaine de prisonniers.

La 132e DI, relevée par la 15e DI, va prendre position sur l'Ailette à droite du pont-canal. Le 29, l'attaque sur l'Ailette est déclenchée à 5h25 du matin après une préparation d'artillerie de 3/4 d'heure. L'établissement des passerelles sous le feu des mitrailleuses ennemies gène considérablement le franchissement du canal. Les Bataillons de tête de la 132e DI ne peuvent s'établir que vers 7 h sur la rive est. A droite, le 330e RI s'empare du Bois Daast et des premières maisons de Vilette en liaison avec la 48e DI à droite. Le 366 franchit le ru de l'Aulnois et s'établit dans le Bois des Tartelettes. Mais la ferme d'Arblaincourt ne peut être dépassée. Dans la soirée, le pont sur le canal est rétabli pour le passage des voitures. Durant la nuit, le 366 occupe le Bac d'Arblincourt malgré un bombardement par obus explosifs et toxiques.

Le 31 à 16h, l'attaque reprend sur Pierremande et la Basse Forêt de Coucy. A 20h les abords sud de Praast sont atteints. 35 passerelles et deux ponts pour artillerie et voitures ont été construit malgré les tirs continuels de l'artillerie ennemie. Un troisième a été détruit. Les poisitions sont mitraillées par des avions ennemis volant bas.

L'attaque doit se poursuivre le 2 septembre mais les sorties d'infanterie repérées par avion sont immédiatement violemment bombardées causant de lourdes pertes. Le Cdt Morel est tué. (v.sa fiche)

Le 5 septembre à l'aube, la progression reprend derrière les allemands qui se replient. Un détachement occupe Bichancourt à 10h30, des patrouilles avancent vers Pierremande. A droite, la 11e DI occupe Praast. A 13h, le 330 est sur la route de Coucy à Chauny, le 166 a des patrouilles dans Pierrremande, le 366 occupe Bichancourt où il est en liaison avec le 56e RI et vers Autreville.

Le 6 au matin, à la reprise du mouvement, la résistance ennemie s'affirme et interdit la progression vers Barisis, Amigny-Rouy. La progession est soppée au delà du Rond-Point d'Orléans, devant la ligne Hindenbourg. Dans la nuit, le 330 est relevé par le 298e RI (132e DI).

Au 13 septembre le 166e RI (132e DI) a son Etat-Major à Quierzy.

il reste encore à s'emparer de la Forêt de Saint-Gobain protégée par les positions fortifiées de la ligne Hindenburg à une douzaine de km à l'est de Quierzy ...
 
L'Ailette et son canal joignant l'Oise à l'Aisne. Le canal de st-Quentin rive nord de l'Oise jusqu' à la Somme joue le même rôle
tiroir avance indépendante sur les deux rives de l'Oise
organisation la théorie

 ont combattu dans ce secteur au cours de la guerre pécédente

Le 18 mai 1940, le 18e Tirailleurs prend en charge le front de l'Ailette du Pont au sud du Bac d'Arblincourt au pont de Champs soit 4 km.
Le 30 mai, le front tenu par le régiment est modifié. Il est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue et ramené à droite ; Pont de Champs et Ferme de la Tinette pris en charge par les Zouaves, soit près de 7 km. Selon les manuels, une D.I. tient défensivement sur 6 kilomètres d'une position organisée.
11e Compagnie assure la liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI (ne se repliera que le 7 avec cette dernière).
Le 2e Btn du 9Z relève le 2e Btn (Haack) du 18e Tirailleurs dans le quartier de Trosly-Loire pont de Champs. Relève terminée à 5 h. Le 1er Btn du 18e Tirailleurs a à sa droite le 2e Btn Aumeran du 9Z (sous-quartier Ouest : Pont de Champs, Ferme de la Tinette).
Les principaux points d'appui du régiment sont le Bois de Manicamp,  le Bois de Fêve, Manicamp, St-Paul-aux-Bois, Besmé, Blérancourt). Carte


Sur les traces de son père tué en 1940 à Manicamp


1940 - 2010

Mai-juin 1940

La 87e Division d'Infanterie d'Afrique sur l'Ailette
















































La 87e Division d'Infanterie d'Afrique, arrivée de Dieuze (Moselle), fait mouvement le 18 vers l'Ailette, et s'établie du pont sud du Bac d'Arblincourt au pont de Courson (PC à Pierrefonds).

Sa mission sur l'Ailette : "Tenir sans esprit de recul". Le secteur devant Quierzy passe à la 6e Armée du Gal Touchon. 

La 87e DIA est originaire d'Algérie, et composée des 17e et 18e Régiment de Tirailleurs Algériens essentiellement constitués de réservistes et du 9e Zouaves, régiment d'active d'Alger. Elle rejoint l'Ailette le 18 mai ; durant le trajet depuis Attichy, les colonnes des Zouaves sont continuellement survolées et plusieurs fois bombardées par l'aviation ennemie sur les routes encombrées de soldats de la 9e Armée en déroute et de réfugiés. Les autres régiments de la Division et l'artillerie (87e et 287e RA) sont retardés par les bombardements aériens et subissent des pertes en route.

Le "9 Z", dont l'effectif est incomplet (des permissionnaires n'ont pas pu rejoindre l'unité), prend possession des ponts entre Champs et Courson (ce dernier est tenue à partir du 19 mai par le 7e BCA de la 28e Division qui s'installe à droite de la 87e). Le Régiment y construit dès le 19 des barricades anti-char et établit de solides points d'appui, réutilisant parfois des abris de 14-18. La défense des villages et les forêts, obstacles naturels à la progression des chars, est pareillement minutieusement organisée jusqu'à Vézaponin et Epagny en arrière du front.

Les Tirailleurs prennent pareillement position dans la nuit du 18 au 19 ; le 17e (moins un bataillon placé en réserve de Division) à droite des Zouaves et le 18e à gauche des Zouaves relève le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87). L'artillerie s'installe à l'arrière ; les 75 du 87e RA en "appui direct" des 3 régiments d'infanterie, les 155 C du 287e RAL en soutien, plus un groupe de 155 GPF aux lisières de la Forêt de Laigle.

Quierzy n'est pas mentionné dans les archives de la 87e DIA, mais le dépôt d'obus de 155 dans un bois à proximité du village, dont nous reparlerons plus tard, correspondrait au 287e RAL (Régiment d'Artillerie Lourde).

Manicamp, sous-secteur du 18e RTA, est organisé défensivement. Dans la rue principale, une arme collective (canon d'infanterie ou fusil-mitrailleur) est installée dans une maison, dont un mur est en partie démonté pour permettre le tir en direction de l'Oise et du canal. Un élément du socle sera retrouvée par le propriétaire des lieux à son retour d'exode.

Il n'y a pas de trace à Quierzy, plus en arrière du front, de l'organisation de telles défenses. La défense de l'Oise depuis la rive sud, alors que la poussée allemande orientées plein sud en direction de l'Aisne et Soissons, présente le risque pour les défenseurs de se retouver coincés le long de la rivière et son canal.

"Qu'ils viennent ... ils seront reçus !". En 14 et en 18, l'armée française s'est rétablie sur la Marne, cette fois ce sera sur l'Ailette. Le ravitaillement, amélioré du vin trouvé sur place, est abondant. Malgré les plaintes des bêtes mourant de faim et de soif se mêlent aux échos des combats qui se rapprochent, le moral est bon.

Le PC de la Division s'installe à Morsain le 20 puis à Vassens le lendemain tandis que le secteur de division s'étend vers l'Oise.

Face à la 87e, les chasseurs de montagne de la 1.Geb.Div. (désormais rattachée au XXXXIV ArmeeKorps, 6.Armee, Heeresgruppe B) arrivent également sur l'Ailette le 19 et sont en défense le long de la rivière avec en avant des positions entre Marizelle et Landricourt (Coucy-le-Ch.) protégeant ainsi l'avance des panzers vers Amiens.

Premier contact avec l'ennemi le 21 à l'aube, le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87) qui passe le canal pour aller faire sauter un dépôt d'essence vers Barisis dans la Forêt de Coucy se heurte à une forte colonne motorisée vers Coucy-le-Château. Tout au long de la journée, l'ennemi tente de franchir les ponts, il est systématiquement repoussé, chars y compris. Malgré les bombardements d'artillerie et le manque de matériel de destruction, nos pionniers commencent à faire sauter les ponts.

Jeudi 23 Mai 1940
S P 14954
"ça va pas plus mal, nous sommes toujours dans notre souterrain, mais il faut prendre patience en espérant que nos miséres s'arrêteront vite. Il fait toujours trés beau et on casse toujours bien la croûte arrosée de bonnes bouteilles trouvées dans les maisons éventrées,on se demande comment elles ont pu résister aux bombes? Tu ne peux pas te rendre compte du nombre d'animaux qui trainent, vaches, cochons, chevaux, moutons tout ce que ces pauvres gens ont abandonné et qui vont servir en partie à faire des bouillons. Ils auront eux aussi servi la France en améliorant l'ordinaire des soldats à la guerre. Certains vieux avaient déja connu l'exode et la destruction de leurs biens en 14, c'est la guerre mais c'est bien triste"
Récits d'époque

Le 22 et les jours suivants, les allemands surpris par cette résistance inattendue limitent leurs tentatives d'infiltration. L'artillerie est en place, ainsi que les communications téléphones et radio. La destruction des ponts se poursuit. Les accrochages et duels d'artillerie sont quotidiens.

Le front s'organise. A la fin mai, la 87e Division repasse à la 7e Armée. Son secteur est étendu à gauche jusqu'à l'Oise exclue (au delà, la 23e DI reprend le secteur de la 29e) et ramené à droite au pont de la Vallée inclus (au delà, c'est la 7e DI rattachée à la 6e Armée). Le secteur de la 87e DIA est divisé en 3 sous-secteurs ;
- Ouest ; 18e RTA (principaux points d'appui ; Bois de M..., Bois de F..., Manicamp, St-Paul-aux-Bois, Besmé, Blérancourt),
- Centre ; 9 Z (Bois de la T..., Guny, Trosly-Loire, Selens),
- Est ; une partie du 17e RTA (Pont-St-Mard, Point du Jour, Ferme de Bonnemaison, Epagny).

Les 12 ponts ou passerelles du secteur ont été détruits. On se bat à la grenade d'une rive à l'autre. La menace monte, les préparatifs allemands s'accélèrent ; dans la nuit du 3 au 4 le 105.Inf.Rgt. 72.Inf.Div. relève les chasseurs de montagne. Le 4, l'agitation est importante du côté allemand.

Après le rembarquement le 4 juin à Dunkerque du Corps Expéditionnaire Britannique et des armées françaises encerclées au nord, les unités françaises, jetées dans la bataille au gré des événements, défendent désormais seules et sans moyens modernes la liberté du monde. Elles ont pour consigne de résister sur place jusqu'à l'arrivée des armées rescapées du Nord qui débarquent à Cherbourg ...

Mercredi 5 juin, 2e acte de la bataille, les allemands (6.Armee, Heeresgruppe B) attaquent en force. Après une intense préparation d'artillerie sur tout le front à l'aube, qui s'étend en profondeur entre Quierzy et Juvigny, ils franchissent le canal à la faveur d'un épais brouillard sur des barques pneumatiques ou à la nage. Les vagues successives sont accueillies à coups de fusils et de grenades, qui coulent les embarcations et font de nombreux morts qui flottent sur canal. Les combats se poursuivent au corps à corps sur les berges.

 La plupart des points d'appui, mêmes encerclés, tiennent mais l'ennemi les contourne et progresse entre Pont-St-Mard et Crécy-au-Mont et par le pont de Bichancourt insuffisamment détruit. Devant Guny, le 105.IR allemands décimé par nos armes automatiques doit engager ses réserves.

A la mi-journée, les allemands débordent Manicamp malgré la résistance sur place des unités ; la IIe Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise avec  la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette dernière. Mais les infiltrations ennemies sont nombreuses, St-Paul-aux-Bois est investi, Trosly-Loire est menacé. Sans doute l'ennemi cherche-t-il, selon une méthode qui lui chère durant cette campagne, à attaquer par l'arrière, en capturant les états-majors pour désorienter les unités privés de chefs ... Des renforts sont nécessaires. Une section de chars du 36e BCC - 3 FT17 de la Grande Guerre - arrive en début d'après-midi ! Une contre-attaque des Tirailleurs du 17e permet de dégager le PC du 9 Z à Selens.

On trouve à Quierzy des traces de ces combats ; des douilles de 7,5 mm 1929 correspondant à l'armement individuel des Tirailleurs.

Au soir, les allemands s'emparent de Besmé ferme par ferme mais les points d'appui sur le canal et dans Trosly-Loire tiennent, les pertes infligées à l'ennemi sont importantes et plus de cent prisonniers ont été faits (principalement des hommes du 124.Gr.Inf.Rgt. de la 72.Inf.Div. (XXXXIV AK, 6. Armee, Heeresgruppe B ).

Le 6 juin, les allemands poursuivent leur action. A l'ouest, ils poussent en direction de Blérancourt. Le 18e RTA contre-attaque de la Rue de Noyon en direction de la Ferme Favette pour dégager la dernière batterie de 75 intacte du 87e RA qui appuie le régiment. Renforcé par la compagnie de réserve du 17e RTA et appuyé par une section de 2 FT (le 3e est en panne) les Tirailleurs repoussent l'ennemi et capturent 16 allemands dont un officier. Au soir, les allemands attaquent très violemment Camelin et le Fresne.

Au centre, l'attaque allemande en direction de Trosly-Loire est pareillement stoppée ; 152 prisonniers dont 2 officiers et un important matériel sont pris. A l'est, une grande partie de l'armement est perdu du fait des violents pilonnages d'artillerie, la liaison est perdue avec le 93e RI, les Tirailleurs se replient vers Epagny et le GRD multiplie les reconnaissances pour rechercher la liaison avec le 93e RI.

Vers 21 h tombe l'ordre de décrocher. On croit tout d'abord à une mystification de la 5e colonne. Mais les importantes incursions ennemies alentours rendent une contre attaque impossible ; le 485.I-R (263.Infanterie-Division, V ArmeeKorps) a passé le Canal de l'Oise à l'Aisne à Bichancourt et longe par surprise le Canal Latéral à l'Oise jusqu'à Noyon, entre la 23e DI tenant la rive droite de l'Oise et Noyon et la 87e DIA tandis que les 463 et 483. Infanterie-Regiment (263.I-D également) franchissent le Canal de St-Quentin devant Vouël.

L'ordre est transmis par les agents de liaison qui parviennent à se glisser jusqu'aux points d'appui encerclés. Malgré la fatigue de deux jours et deux nuits de combats et la faim (il n'y a plus de ravitaillement depuis le 4 juin), le repli s'effectue en ordre à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne de Rethondes, Berneuil, Attichy et Vic tenus par la 11e DI. Le 7 vers 13 heures la rivière a été franchie par tous les éléments qu'il a été possible de décrocher, les ponts sautent. Les allemands attaquent déjà. La déception est grande de ne trouver là ni défense organisée ni renforts regroupés pendant les 20 jours de combats sur l'Ailette. 


Ce jour là
6 juin 1940, tandis que sur la ligne Weygand la 87e DIA combat sur l'Ailette avant de se replier sur l'Aisne, Paul Reynaud, Président du Conseil, appelle le Général de Gaulle au gouvernement comme sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale.


"Il est temps de réhabiliter le soldat de 1940" | GBM : un magazine pour en finir avec les clichés sur 1940
 
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France 3 Picardie

 Sur les traces de son père
tué en 1940 à Manicamp



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