Les
Tirailleurs contre-attaquent
Manicamp - Saint-Paul-aux-Bois -
Quierzy - Besmé - Blérancourt
19
MAI 1940 Au 10e jour de l'attaque allemande, les Panzers
sont en
vue des côtes de la Manche, Weygand succède
à Gamelin à la tête des
armées françaises et établit avec les
forces qui lui restent la ligne de la dernière chance
derrière la Somme et l'Aisne, avec l'Ailette sur la route de
Paris.
Loin derrière les troupes
motorisées,
l'infanterie allemande atteint l'Ailette :
1.Gebirgsjäger-Division puis 72. Infanterie Division.
Le 18e Tirailleurs, arrivé
dans la nuit
précédente, 1er Bataillon en tête,
prend possession des ponts entre Champs et le Bac d'Arblincourt sur le
canal de l'Oise à l'Aisne, soit un front de 4 km, entre le
9e Zouaves (87e D.I.A. également) à droite et la
23e DI à gauche. PC
du Régiment à La Rue de
Noyon. Dès le 21, les
allemands tentent
de franchir les ponts. Ils seront sytématiquement
repoussés jusqu'à l'ordre de repli du 6 juin.
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Dispositif du
18e RTA sur
l'Ailette le 4 juin
1940 au soir.
Le front du
Régiment s'étire sur 6 500
mètres,
soit 3 250
mètres
pour chacun des deux bataillons
en première ligne.
Carte
Michelin
n°56
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Mise en
évidence du relief en arrière et
à droite du sous-secteur du Régiment.
L'altitude dans Manicamp
est de 41 mètres, Saint-Paul-aux-Bois 50, Guny 60.
Derrière Pont-Saint-Mard l'altitude est de 156
mètres, derrière Saint-Aubin 160,
Blérancourdelle 128, Camelin-Le Fresne 153, ...
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2
JUIN 1940 Le front du Régiment est
étendu
à gauche jusqu'à l'Oise exclue et
ramené à droite Pont de Champs - la
Tinette
exclus. Les principaux points d'appui (Cie) du 18e Tirailleurs sont le
Bois
de Manicamp, le Bois de Fêve, Manicamp, St-Paul-aux-Bois,
Besmé, Blérancourt. Les défenses se
prolongent en arrière par Camelin et le Fresne, Cuts, Mont
de Choisy. Le
sous-secteur du Régiment s'étend alors
sur 6.500 mètres de front par
8
de profondeur
ce qui correspond au secteur d'une Division, dont l'effectif est de 500
officiers et 17.000 hommes (Aide-Mémoire de l'Officier de
Réserve d'Infanterie, Lt-Col. Arendt, 1939).
A
gauche, dans le quartier de Manicamp, le
IIIe Btn (Cap Vigne) a relevé dans la nuit du 1er au 2 juin
le 126e RI. Le terrain n'a pas été
organisé. Il est désormais occupé par
cinq Compagnies : 10e, 9e, 11e, 5e, CA3 et deux Sections de
Mitrailleuses. La 11e Cie assure la liaison au pont de l'Oise avec la
23e DI.
A droite, le quartier de Trosly-Loire - Pont de Champs tenu par le 2e
Btn Haack a été pris en charge par les Zouaves.
Le Ier Btn du 18e Tirailleurs a alors à sa droite le
9Z.
5 JUIN 1940
A
l'aube, trois
régiments attaquent
en force sur
l'Ailette devant de 18e RTA. Le
475.
Infanterie Regiment (IR)
de la
255. Infanterie Division (ID) de réserve
franchit la canal au pont de Bichancourt avec à sa gauche
les trois régiments de la
72. Infanterie Division
allemande
(XVIII.ArmeeKorps) 266. Infanterie Regiment,
124. IR tous deux devant les Tirailleurs et 105.
IR devant les Zouaves. Après
une intense
préparation d'artillerie, l'action est menée avec
brouillard artificiel et aviation bombardant en piqué, les
assaillants se
heurtent
à l'acharnement et à l'habileté des
Tirailleurs et
des Zouaves, à leurs redoutables tireurs cachés
dans les arbres et leurs mitrailleuses bien enterrées. Ce
n'est qu'au prix de lourdes pertes que l'infanterie allemande parvient
à franchir le canal de l'Oise à l'Aisne et
à avancer en
contournant les défenses
françaises vers Manicamp pour le 475. IR, la Ferme Neuve
pour le 266.IR, St-Paul-aux-Bois
pour le 124.IR et Trosly-Loire pour le 105.IR.
La
défense est héroïque, les PA
encerclés tiennent mais l'ennemi les contourne. A 14 h,
St-Paul-aux-Bois (I/18)
tombe puis Manicamp (III/18) à 15 h, la ferme Neuve vers 16
h, la
Ferme Favette vers 19 h 20. Le PC du Régiment à
la Rue de Noyon est
investi à 17 h et mis en état de
défense. La 10e Cie tient au Bac jusqu'à
20 h puis se replie sur Manicamp, où elle doit se rendre. Une
section de la 11e compagnie passe l'Oise et rejoint le 107e
RI. Besmé
(II/18)
est pris dans la nuit vers 1 h 30. Les pertes ennemies sont importantes
et
plus de cent prisonniers ont été
faits. La nuit est mise à profit pour le
ravitaillement en
munitions, la réparation des circuits
téléphoniques et la remise en place de
l'artillerie.
6 JUIN 1940
Au
petit jour, les allemands poursuivent en direction de
Blérancourt. Le
18e RTA se
lance alors dans une
vigoureuse contre-attaque
depuis la
Rue de Noyon en direction de la Ferme Favette pour
dégager la
dernière batterie de 75 du 87e RA encerclée. Renforcés
par
une compagnie du 17e RTA et appuyés par
une section de 2 chars du
36e BCC, des FT17
de la
Grande Guerre,
les Tirailleurs repoussent les allemands et
capturent 16 prisonniers dont un officier. La
progression ennemie
est stoppée mais reprend en début
d'après-midi en direction de Camelin - Le Fresne. Vers 17h,
la 9e Bat du III/87, a épuisé ses munitions et
subi une attaque par avion, Encerclée elle fait sauter ses
pièces. A 19h, violente attaque allemande sur Camelin - Le
Fresne. Il n'y a plus d'appui d'artillerie, plus de munitions, plus de
renfort, mais la défense du village est acharnée.
Vers 22h, le Chef de Bataillon Caffarel du IIe Bataillon du 17e RTA est
tué et son adjoint
grièvement blessé, le village tombe.
De
leur
côté, les Zouaves interdisent tout
franchissement au Bois de la Tinette. Les allemands n'en poursuivent
pas moins leur avance et au soir, le 266.IR atteind la colline
au sud-est de Blérancourt, le 124.IR les hauteurs au sud de
St-Aubin et le 105.IR Ouilly - Vézaponin.
L'ordre
de décrocher arrive de la Division. La 11e Cie en
liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec
cette dernière. Le repli s'effectue en ordre à la
faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne, IIe Btn en
arrière garde.
Ce repli en ordre permet aux
Tirailleurs d'être
immédiatement,
engagées
dans de durs combats sur l'Aisne malgré les pertes
ont été
sensibles de
ces deux jours ; le
Rgt est réduit à la valeur d'un faible Bataillon
(sans
doute un quart de l'effectif; un Btn compte 850 hommes, un Rgt
3.000).
Le
prix payé par les allemands sur l'Ailette est
également
élevé ; pour ces deux
jours 1.800 morts, 4.500
blessés et plus de 200 prisonniers. Des
pertes qui attestent qu'ici
comme ailleurs l'armée française s'est battu
courageusement en 1940.
5 juin 1940, deux régiments allemands franchissent le pont de Bichancourt
Les Tirailleurs
abandonnés à leur sort
Le 18e RTA tient une position
particulièrement intenable avec pour toute protection le
canal de l'Ailette, sans vue sur l’autre rive,
l'Oise à gauche le séparant du 24e CA, dont il
dépend, les pentes du
plateau dominant l’Ailette et l’Aisne à
droite et en
arrière. C’est à cet endroit,
que de ce
côté du front, les allemands vont porter
tous leurs efforts avec de l’infanterie en nombre pour tenter
de
s'emparer à
revers des défenses de Noyon et de
Blérancourt.
Quatre régiments
allemands sont engagés contre le 18e RTA qui a deux
bataillons en première ligne et un à Blérancourt. A gauche, le 475. IR (255. ID
de réserve)
et derrière le 485. IR (263. ID, 5. AK), attaquent en force
au pont de
Bichancourt vers Manicamp le 5 juin 1940 à l'aube, le 485.
IR pour
aller repasser l’Oise au sud de Noyon et prendre avec le 5.
AK la ville
en tenaille. A droite, deux régiments de la 72. ID (44. AK)
avancent,
le 266. IR, par les fermes Favette et Neuve, et le 124. IR, par
St-Paul-aux-Bois, vers Camelin-Le Fresne et St-Aubin.
Aucun renfort
n'est envoyé sur l’Ailette après la
prise de St-Paul-aux-Bois et
Manicamp le 5 juin en début d'après-midi. Tout au
plus, le 24e CA
envoie à la mi-journée les
éléments motorisés du 25e GRCA sur le
canal
latéral à l’Oise entre Varesnes et
Quierzy pour renforcer la défense
de la rive nord face au sud, en liaison à Salency avec le
52e
Bataillons de Mitrailleurs Motorisés, ce qui
arrête jusqu'au 7 la
progression du 485. IR vers le sud de Noyon par la vallée de
l’Oise. Le
16e GRDI, mis à la disposition de la 87e DIA le 6 juin, par
la 11e DI
en défense sur l'Aisne, couvrira quand à lui la
gauche de la 87e DIA dans
la région de Carlepont puis sa retraite vers le pont de
Berneuil !
|
Le champ de
bataille pdf | Carte Google Maps | aide-mémoire 39 pdf
30 Tirailleurs du 18 e RTA reposent au
Cimetière Militaire de Champs :
GRADE |
NOM
ET PRENOMS |
CLASSE |
RECRUTEMENT |
DATE
DE DECES |
Soldat |
1
INCONNU FRANÇAIS |
|
|
|
Soldat |
1
INCONNU FRANÇAIS |
|
|
|
Soldat |
ADJ
KACI Salem Ben Kaci |
1933 |
Alger
(Algérie) |
|
Soldat |
ARRIGHI
Fernand |
1927 |
Alger
(Algérie) |
05/06/40 |
Soldat |
BELKACEM
Mohamed |
|
Alger
(Algérie) |
|
Sergent |
BENAHMED
Bekhedda |
|
|
|
Soldat |
BILLOT
Marcel Gaston |
1931 |
Montpellier |
06/06/40 |
Capitaine |
BONAFOUS
Jean Pierre |
|
Angoulême |
05/06/40 |
Sergent |
BONMIER
Jean |
1931 |
Alger
(Algérie) |
|
Soldat |
CHERBRAHIM |
1930 |
|
06/06/40 |
Soldat |
DEBIANE
Rabah |
|
Alger
(Algérie) |
|
Soldat |
DJAIDI
Memars |
1932 |
Alger
(Algérie) |
|
Sergent-Chef |
DOMBRE
Jean Jacques |
1932 |
Cahors |
06/06/40 |
Caporal |
ESCANDELL
Marcel |
1925 |
Constantine
(Algérie) |
06/06/40 |
Caporal |
FAMILIER
Armand |
1936 |
Toulon |
04/06/40 |
Soldat |
FELLALI
Ali Ben Ahmed |
|
|
|
Soldat |
FERADJI
Admet |
1934 |
Alger
(Algérie) |
05/06/40 |
Sergent |
GACHENOT
Emile |
1926 |
Alger
(Algérie) |
05/06/40 |
Sergent |
GHRIB
Miloud Ben Mohamed |
|
|
05/06/40 |
Sergent |
GUARINOS
François |
|
Alger
(Algérie) |
23/05/40 |
Soldat |
KHELLOUFI
Amer Ben Mohammed |
1935 |
Alger
(Algérie) |
|
Sergent-Chef |
MARES
Jean |
|
|
23/05/40 |
Soldat |
MILLIOUD
Sylvain |
|
Alger
(Algérie) |
05/06/40 |
Caporal |
MONNA
André |
|
|
05/06/40 |
Soldat |
SAADAT
Oamar |
|
|
|
Soldat |
SAID
Ben Benyahia |
1931 |
Alger
(Algérie) |
|
Soldat |
TAHRI
Abdallah |
|
|
06/06/40 |
Soldat |
TEROUI
Salah |
1935 |
Alger
(Algérie) |
|
Lieutenant |
VIET
Maxime |
|
|
05/06/40 |
Soldat |
ZENDJABIL
Saïd |
1931 |
Alger
(Algérie) |
|
On
trouve à Quierzy des
traces de ces combats ; des douilles de 7,5 mm 1929 correspondant
à l'armement individuel des Tirailleurs. Egalement, le site SGA
/ Mémoire des hommes mentionne le
décès à Quierzy le 6 juin du
Tirailleur Sendjesni Mohamed Ben M’Hammed
du 18e RTA, né en 1911 à Douar
Ouled Fares près d'Orléansville
(Chlef) sous-préfecture du département
d'Alger.
La
87e Division a
reçu le 2
septembre 1940 pour ses faits d'arme la Citation à
l'ordre de l'Armée qui suit :
|
GUERRE
DE 1939-1940
ORDRE
N° 210 C
Le Général
Commandant en Chef, Ministre, Secrétaire d'Etat à
la défense Nationale, cite :
A
L'ORDRE DE L'ARMEE
87e
Division d'Infanterie Nord-Africaine
" Attaquée sur la position
de l'Ailette le 5 juin 1940, la 87e Division, sous l'impulsion de son
chef, le Général Henry MARTIN, a
opposé à l'ennemi une résistance
héroïque. Toutes ses troupes : Infanterie,
Cavalerie, Artillerie, rivalisant d'ardeur pour défendre
à outrance les points d'appui, même lorsqu'ils
étaient dépassés par l'ennemi ou
encerclés, ne se sont repliées que sur l'ordre du
Commandement, obligées souvent de se frayer un passage les
armes à la main.
" Regroupées
après la bataille, ces mêmes unités
faisant preuve d'une telle discipline et d'un magnifique esprit de
devoir ont pu, à nouveau, être engagées
dans de durs combats qui ont marqué la défense de
l'Aisne, puis la retraite vers la Seine et la Loire.
" Dans toutes ces
opérations, la 87e D.I.N.A. a fait preuve
d'abnégation, d'endurance, de vaillance, dignes des grandes
traditions de l'Armée d'Afrique.
2
Septembre 1940.
Signé
: WEYGAND.
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Le terrain
Au
10e jour de l'attaque allemande, les Panzers sont en vue des
côtes de la Manche, Weygand succède à
Gamelin à la tête des armées
françaises et établit avec les forces
qui lui restent la ligne de la dernière chance sur la Somme
et l'Aisne, avec l'Ailette sur la route de Paris. Loin
derrière les troupes motorisées, le gros de
l'armée allemande arrive à son tour.
La 87e DIA s'installe face à la
1.Gebirgsjäger-Division puis 72. Infanterie Division
allemande (266., 124. et 105. Infanterie Regiment).
A gauche,
le 18e
Tirailleurs prend en charge le front de
l'Ailette du Pont au sud du Bac d'Arblincourt au pont de Champs soit 4
km. Fin mai,
le front tenu par le régiment est
modifié. Il est
étendu à gauche jusqu'à l'Oise
exclue et ramené
à droite ; Pont de Champs
et Ferme de la Tinette pris en charge par les
Zouaves, soit près de 7 km.
L'Ailette
rejoint l'Oise entre Quierzy et Manicamp et le canal de
l'Ailette, qui relie l'Oise à l'Aisne, constitue, plus que
la petite rivière, un obstacle naturel sur l'axe
de progression des allemands, parallèle
à l'Oise, en direction de Paris.
face
au Massif de St-Gobain (Basse et Haute Forêt de
Coucy). L'Ailette et son canal rejoignent au sud le Chemin des Dames.
Bois de l'Hôpital
carte 56 avec patates des 3 rgt de la division du PC au front dia en
vert tirailleurs en bleu zouaves en rouge
fin mai, la 87e Division passe à la 7e
Armée. Son
secteur est étendu à gauche jusqu'à
l'Oise exclue
(au delà 23e DI) et ramené à droite au
pont de la
Vallée inclus (au delà, 7e DI
rattachée
à la 6e Armée).
canal constitue un obstacle à la progression des chars.
berge du
canal elle-même position exposée mais
néanmoins
organisée cf photo. Par endroit, le canal surplombe les
prairies
ou les bois et possède un talu permettant d'abriter les
défenseurs
Terrain formé de prairies offrant comme défenses
naturelles quelques parties boisées et peu de relief sauf
à Guny Pont-St-Mard ... sous-secteur des Zouaves constituant
la
défense centrale de la division carte relief maps
partie marécageuse le long de l'Oise à gauche du
front
la grande guerre entre Somme et Aisne. à plusieurs reprises,
combats se déroulent sur l'Ailette ;
Lors du repli ald mars 1917, (la rive nord de l'Oise est
déjà libérée), Manicamp en
flamme est
abandonné par l'ennemi le 19. Dès le 20 la 81e DT
tente
de mettre en place des passerelles sur l'Ailette et son canal. La route
de Manicamp à Marizelle, inondée sur ses deux
côtés, est sous le feu des allemands. L'attaque
sur
l'Ailette est lancée le 24 mars au matin par le 236e RI (53e
DI). Le canal rapidement franchi. A midi, le 236 atteint le Bac
d'Arblaincourt puis Bichancourt et Marizelle.
Un an plus tard, le 21 mars 1918 les allemands attaquent au nord de
l'Oise. Le 25 mars, ils tiennent la rive nord. Le 6 avril, ils
attaquent sur la rive sud et occupent Autreville. La 19e DI se replie
derrière le canal de l'Ailette. La progression allemande est
arrêtée sur des positions
préparées. Le 30
mai, les allemands franchissent l'Oise et entame le combat avec les
éléments de couverture. A 13h30, ils sont
à
Manicamp.
Le 23 août 1918 au matin, Le 330e RI (132e DI, Xe
Armée)
attaque sur Quierzy et et le 166e sur Manicamp. Le Bataillon Morel
(6/330) prend Quierzy à 5h30 avec avec 77 prisonniers 2
Minen et
une trentaine de mitrailleuses. Le Bataillon Baudelle (1/166) prend
Manicamp vers 7 h avec une trentaine de prisonniers.
La 132e DI, relevée par la 15e DI, va prendre position sur
l'Ailette à droite du pont-canal. Le 29, l'attaque sur
l'Ailette
est déclenchée à 5h25 du matin
après une
préparation d'artillerie de 3/4 d'heure.
L'établissement
des passerelles sous le feu des mitrailleuses ennemies gène
considérablement le franchissement du canal. Les Bataillons
de
tête de la 132e DI ne peuvent s'établir que vers 7
h sur
la rive est. A droite, le 330e RI s'empare du Bois Daast et des
premières maisons de Vilette en liaison avec la 48e DI
à
droite. Le 366 franchit le ru de l'Aulnois et s'établit dans
le
Bois des Tartelettes. Mais la ferme d'Arblaincourt ne peut
être
dépassée. Dans la soirée, le pont sur
le canal est
rétabli pour le passage des voitures. Durant la nuit, le 366
occupe le Bac d'Arblincourt malgré un bombardement par obus
explosifs et toxiques.
Le 31 à 16h, l'attaque reprend sur Pierremande et la Basse
Forêt de Coucy. A 20h les abords sud de Praast sont atteints.
35
passerelles et deux ponts pour artillerie et voitures ont
été construit malgré les tirs
continuels de
l'artillerie ennemie. Un troisième a
été
détruit. Les poisitions sont mitraillées par des
avions
ennemis volant bas.
L'attaque doit se poursuivre le 2 septembre mais les sorties
d'infanterie repérées par avion sont
immédiatement
violemment bombardées causant de lourdes pertes. Le Cdt
Morel
est tué. (v.sa fiche)
Le 5 septembre à l'aube, la progression reprend
derrière
les allemands qui se replient. Un détachement occupe
Bichancourt
à 10h30, des patrouilles avancent vers Pierremande. A
droite, la
11e DI occupe Praast. A 13h, le 330 est sur la route de Coucy
à
Chauny, le 166 a des patrouilles dans Pierrremande, le 366 occupe
Bichancourt où il est en liaison avec le 56e RI et vers
Autreville.
Le 6 au matin, à la reprise du mouvement, la
résistance
ennemie s'affirme et interdit la progression vers Barisis, Amigny-Rouy.
La progession est soppée au delà du Rond-Point
d'Orléans, devant la ligne Hindenbourg. Dans la nuit, le 330
est
relevé par le 298e RI (132e DI).
Au 13 septembre le 166e RI (132e DI) a son Etat-Major à
Quierzy.
il reste encore à s'emparer de la Forêt de
Saint-Gobain
protégée par les positions fortifiées
de la ligne
Hindenburg à une douzaine de km à l'est de
Quierzy ...
L'Ailette et son canal joignant l'Oise à l'Aisne. Le canal
de
st-Quentin rive nord de l'Oise jusqu' à la Somme joue le
même rôle
tiroir avance indépendante sur les deux rives de l'Oise
organisation la théorie
ont combattu dans ce secteur au cours de la guerre
pécédente
Le 18 mai 1940, le 18e
Tirailleurs prend en charge le front de
l'Ailette du Pont au sud du Bac d'Arblincourt au pont de Champs soit 4
km.
Le
30 mai, le front tenu par le régiment est
modifié. Il est
étendu à gauche jusqu'à l'Oise
exclue et ramené
à droite ; Pont de Champs
et Ferme de la Tinette pris en charge par les
Zouaves, soit près de 7 km. Selon les manuels, une D.I. tient
défensivement sur 6 kilomètres d'une position
organisée.
11e Compagnie assure la
liaison au pont de l'Oise avec la 23e DI (ne se repliera que le 7 avec
cette dernière).
Le 2e Btn du 9Z relève le 2e
Btn (Haack) du 18e Tirailleurs dans le quartier de Trosly-Loire pont de
Champs. Relève terminée à 5 h. Le 1er
Btn du 18e Tirailleurs a à sa droite le 2e Btn Aumeran du 9Z
(sous-quartier Ouest : Pont de Champs, Ferme de la Tinette).
Les principaux points d'appui du
régiment sont le
Bois de Manicamp, le Bois de Fêve, Manicamp,
St-Paul-aux-Bois, Besmé, Blérancourt). Carte
|
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1940 - 2010
Mai-juin 1940
La 87e Division d'Infanterie d'Afrique
sur
l'Ailette
|
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La 87e Division
d'Infanterie d'Afrique, arrivée de Dieuze
(Moselle), fait mouvement le 18 vers l'Ailette, et s'établie
du pont sud du Bac d'Arblincourt au pont de Courson (PC à
Pierrefonds).
Sa
mission sur l'Ailette : "Tenir sans esprit de recul". Le secteur devant
Quierzy passe à la 6e Armée du Gal
Touchon.
La
87e DIA est originaire
d'Algérie, et composée des 17e et 18e
Régiment de Tirailleurs Algériens essentiellement
constitués de réservistes et du 9e Zouaves,
régiment d'active d'Alger. Elle rejoint l'Ailette le 18 mai
; durant le trajet depuis Attichy, les colonnes des Zouaves sont
continuellement survolées et plusieurs fois
bombardées par l'aviation ennemie sur les routes
encombrées de soldats de la 9e Armée en
déroute et de réfugiés. Les autres
régiments de la Division et l'artillerie (87e et 287e RA)
sont retardés par les bombardements aériens et
subissent des pertes en route.
Le
"9 Z", dont l'effectif est incomplet
(des permissionnaires n'ont pas pu rejoindre l'unité), prend
possession des ponts entre Champs et Courson (ce dernier est tenue
à partir du 19 mai par le 7e BCA de la 28e Division qui
s'installe à droite de la 87e). Le Régiment y
construit dès le 19 des barricades anti-char et
établit de solides points d'appui, réutilisant
parfois des abris de 14-18. La défense des villages et les
forêts, obstacles naturels à la progression des
chars, est pareillement minutieusement organisée
jusqu'à Vézaponin et Epagny en arrière
du front.
Les
Tirailleurs prennent pareillement
position dans la nuit du 18 au 19 ; le 17e (moins un bataillon
placé en réserve de Division) à droite
des Zouaves et le 18e à gauche des Zouaves relève
le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD 87). L'artillerie
s'installe à l'arrière ; les 75 du 87e RA en
"appui direct" des 3 régiments d'infanterie, les 155 C du 287e
RAL en soutien, plus un
groupe de 155 GPF aux lisières de la Forêt de
Laigle.
Quierzy
n'est pas mentionné
dans les archives de la 87e DIA, mais le dépôt
d'obus de 155 dans un bois à proximité du
village, dont nous reparlerons plus tard, correspondrait au 287e RAL
(Régiment d'Artillerie Lourde).
Manicamp,
sous-secteur du 18e RTA, est
organisé défensivement. Dans la rue principale,
une arme collective (canon d'infanterie ou fusil-mitrailleur) est
installée dans une maison, dont un mur est en partie
démonté pour permettre le tir en direction de
l'Oise et du canal. Un élément du socle sera
retrouvée par le propriétaire des lieux
à son retour d'exode.
Il
n'y a pas de trace à
Quierzy, plus en arrière du front, de l'organisation de
telles défenses. La défense de l'Oise depuis la
rive sud, alors que la poussée allemande
orientées plein sud en direction de l'Aisne et Soissons,
présente le risque pour les défenseurs de se
retouver coincés le long de la rivière et son
canal.
"Qu'ils
viennent ... ils seront
reçus !". En 14 et en 18, l'armée
française s'est rétablie sur la Marne, cette fois
ce sera sur l'Ailette. Le ravitaillement,
amélioré du vin trouvé sur place, est
abondant. Malgré les plaintes des bêtes mourant de
faim et de soif se mêlent aux échos des combats
qui se rapprochent, le moral est bon.
Le
PC de la Division s'installe
à Morsain le 20 puis à Vassens le lendemain
tandis que le secteur de division s'étend vers l'Oise.
Face
à la 87e, les chasseurs
de montagne de la 1.Geb.Div. (désormais rattachée
au XXXXIV ArmeeKorps, 6.Armee, Heeresgruppe B) arrivent
également sur l'Ailette le 19 et sont en défense
le long de la rivière avec en avant des positions entre
Marizelle et Landricourt (Coucy-le-Ch.) protégeant ainsi
l'avance des panzers vers Amiens.
Premier
contact avec l'ennemi le 21
à l'aube, le Groupe de Reconnaissance de la Division (GRD
87) qui passe le canal pour aller faire sauter un
dépôt d'essence vers Barisis dans la
Forêt de Coucy se heurte à une forte colonne
motorisée vers Coucy-le-Château. Tout au long de
la journée, l'ennemi tente de franchir les ponts, il est
systématiquement repoussé, chars y compris.
Malgré les bombardements d'artillerie et le manque
de matériel de destruction, nos pionniers commencent
à faire sauter les ponts.
Jeudi
23 Mai 1940
S P 14954
"ça va pas plus mal, nous sommes toujours dans notre
souterrain, mais il faut prendre patience en espérant que
nos miséres s'arrêteront vite. Il fait toujours
trés beau et on casse toujours bien la croûte
arrosée de bonnes bouteilles trouvées dans les
maisons éventrées,on se demande comment elles ont
pu résister aux bombes? Tu ne peux pas te rendre compte du
nombre d'animaux qui trainent, vaches, cochons, chevaux, moutons tout
ce que ces pauvres gens ont abandonné et qui vont servir en
partie à faire des bouillons. Ils auront eux aussi servi la
France en améliorant l'ordinaire des soldats à la
guerre. Certains vieux avaient déja connu l'exode et la
destruction de leurs biens en 14, c'est la guerre mais c'est bien
triste"
Récits d'époque
|
Le
22 et les jours suivants, les
allemands surpris par cette résistance inattendue limitent
leurs tentatives d'infiltration. L'artillerie est en place, ainsi que
les communications téléphones et radio. La
destruction des ponts se poursuit. Les accrochages et duels
d'artillerie sont quotidiens.
Le
front s'organise. A la fin mai, la
87e Division repasse à la 7e Armée. Son secteur
est étendu à gauche jusqu'à l'Oise
exclue (au delà, la 23e DI reprend le secteur de la 29e) et
ramené à droite au pont de la Vallée
inclus (au delà, c'est la 7e DI rattachée
à la 6e Armée). Le secteur de la 87e DIA est
divisé en 3 sous-secteurs ;
- Ouest ; 18e RTA (principaux points d'appui ; Bois de M..., Bois de
F..., Manicamp, St-Paul-aux-Bois, Besmé,
Blérancourt),
- Centre ; 9 Z (Bois de la T..., Guny, Trosly-Loire, Selens),
- Est ; une partie du 17e RTA (Pont-St-Mard, Point du Jour, Ferme de
Bonnemaison, Epagny).
Les
12 ponts ou passerelles du secteur
ont été détruits. On se bat
à la grenade d'une rive à l'autre. La menace
monte, les préparatifs allemands
s'accélèrent ; dans la nuit du 3 au 4 le
105.Inf.Rgt. 72.Inf.Div. relève les chasseurs de montagne.
Le 4, l'agitation est importante du côté allemand.
Après
le rembarquement le 4 juin à Dunkerque du Corps
Expéditionnaire Britannique et des armées
françaises encerclées au nord, les
unités
françaises, jetées dans la bataille au
gré des
événements, défendent
désormais seules et
sans moyens modernes la liberté du monde. Elles ont pour
consigne de résister sur place jusqu'à
l'arrivée
des armées rescapées du Nord qui
débarquent
à Cherbourg ...
Mercredi
5 juin, 2e acte de la
bataille, les allemands (6.Armee, Heeresgruppe B) attaquent en force.
Après une intense préparation d'artillerie sur
tout le front à l'aube, qui s'étend en profondeur
entre Quierzy et Juvigny, ils franchissent le canal à la
faveur d'un épais brouillard sur des barques pneumatiques ou
à la nage. Les vagues successives sont accueillies
à coups de fusils et de grenades, qui coulent les
embarcations et font de nombreux morts qui flottent sur canal. Les
combats se poursuivent au corps à corps sur les berges.
La
plupart des points
d'appui, mêmes encerclés, tiennent mais l'ennemi
les contourne et progresse entre Pont-St-Mard et
Crécy-au-Mont et par le pont de Bichancourt insuffisamment
détruit. Devant Guny, le 105.IR allemands
décimé par nos armes automatiques doit engager
ses réserves.
A
la mi-journée, les
allemands débordent Manicamp malgré la
résistance sur place des unités ; la IIe
Compagnie du 18e RTA qui assure la liaison au pont de l'Oise
avec la 23e DI ne se repliera que le 7 avec cette
dernière. Mais les infiltrations ennemies sont nombreuses,
St-Paul-aux-Bois est investi, Trosly-Loire est menacé. Sans
doute l'ennemi cherche-t-il, selon une méthode qui lui
chère durant cette campagne, à attaquer par
l'arrière, en capturant les états-majors pour
désorienter les unités privés de chefs
... Des renforts sont nécessaires. Une section de chars du
36e BCC - 3 FT17 de la Grande Guerre - arrive en début
d'après-midi ! Une contre-attaque des Tirailleurs du 17e
permet de dégager le PC du 9 Z à Selens.
On
trouve à Quierzy des
traces de ces combats ; des douilles de 7,5 mm 1929 correspondant
à l'armement individuel des Tirailleurs.
Au
soir, les allemands s'emparent de
Besmé ferme par ferme mais les points d'appui sur le canal
et dans Trosly-Loire tiennent, les pertes infligées
à l'ennemi sont importantes et plus de cent prisonniers ont
été faits (principalement des hommes du
124.Gr.Inf.Rgt. de la 72.Inf.Div. (XXXXIV AK, 6. Armee, Heeresgruppe B
).
Le
6 juin, les allemands poursuivent
leur action. A l'ouest, ils poussent en direction de
Blérancourt. Le 18e RTA contre-attaque de la Rue de Noyon en
direction de la Ferme Favette pour dégager la
dernière batterie de 75 intacte du 87e RA qui appuie le
régiment. Renforcé par la compagnie de
réserve du 17e RTA et appuyé par une section de 2
FT (le 3e est en panne) les Tirailleurs repoussent l'ennemi et
capturent 16 allemands dont un officier. Au soir, les allemands
attaquent très violemment Camelin et le Fresne.
Au
centre, l'attaque allemande en
direction de Trosly-Loire est pareillement stoppée ; 152
prisonniers dont 2 officiers et un important matériel sont
pris. A l'est, une grande partie de l'armement est perdu du fait des
violents pilonnages d'artillerie, la liaison est perdue avec le 93e RI,
les Tirailleurs se replient vers Epagny et le GRD multiplie les
reconnaissances pour rechercher la liaison avec le 93e RI.
Vers
21 h tombe l'ordre de
décrocher. On croit tout d'abord à une
mystification de la 5e colonne. Mais les importantes incursions
ennemies alentours rendent une contre attaque impossible ; le 485.I-R
(263.Infanterie-Division, V ArmeeKorps) a passé le Canal de
l'Oise à l'Aisne à Bichancourt et longe par
surprise le Canal Latéral à l'Oise
jusqu'à Noyon, entre la 23e DI tenant la rive droite de
l'Oise et Noyon et la 87e DIA tandis que les 463 et 483.
Infanterie-Regiment (263.I-D également) franchissent le
Canal de St-Quentin devant Vouël.
L'ordre
est transmis par les agents de
liaison qui parviennent à se glisser jusqu'aux points
d'appui encerclés. Malgré la fatigue de deux
jours et deux nuits de combats et la faim (il n'y a plus de
ravitaillement depuis le 4 juin), le repli s'effectue en ordre
à la faveur de la nuit en direction des ponts sur l'Aisne de
Rethondes, Berneuil, Attichy et Vic tenus par la 11e DI. Le 7 vers 13
heures la rivière a été franchie par
tous les éléments qu'il a
été possible de décrocher, les ponts
sautent. Les allemands attaquent déjà. La
déception est grande de ne trouver là ni
défense organisée ni renforts
regroupés pendant les 20 jours de combats sur
l'Ailette.
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Ce jour
là
6
juin 1940,
tandis que sur la ligne Weygand la 87e DIA combat sur l'Ailette avant
de se replier sur l'Aisne, Paul Reynaud,
Président du Conseil, appelle le
Général de Gaulle au gouvernement comme
sous-secrétaire d'État à la Guerre et
à la Défense nationale.
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