Pendant des
décennies, on a livré aux français une
vision partielle, partiale et partisane de 1940
largement héritée de la propagande du
gouvernement de collaboration avec l'Allemagne nazie mis en
place par Pétain en 1940. Cette vision, amplifiant
à
dessin la défaite de la France, n'est pas totalement
contredite
par de Gaulle au nom de
l'unité nationale notamment. Elle n'est en tous cas plus de
mise aujourd'hui et enfin contredite par les historiens. La France
avait de réels atouts en 1940, une armée moderne
au moral
élevé. Ses combattants sont les premiers
héros de
la résistance française. Aucune
défaite n'est
définitive !
21
février 2016
Pétain
n’est pas le vainqueur de Verdun
Ce
n’est qu’au prix de quelques raccourcis et
omissions, profitant de la disgrâce de Nivelle en 1917, que
Pétain est présenté comme le vainqueur
de Verdun,
ainsi que sa propagande a essayé de le faire croire en 1940.
Colonel en 1914, la guerre relance sa carrière. Il prend en
juin 1915 le commandement de la IIe Armée,
envoyée en renfort à Verdun après
l’attaque allemande du 21 février 1916.
La chaine de commandement est alors la suivante (AFGG Tome X Vol1).
GQG des Armées Françaises
Joffre Commandant en Chef des Armées Françaises
depuis décembre 1915 (ex Commandant en Chef du GQG des
Armées Françaises depuis avant 1914).
Foch Adjoint au Commandant en Chef en octobre 1914.
De Castelnau Chef d’Etat-Major Général
des Armées Françaises en janvier 1916.
Groupe d’Armée Centre
Langle de Cary depuis décembre 1915
A la IIe Armée, Pétain a sous ses ordres Nivelle,
commandant le 3e Corps d’Armée depuis
décembre 1915, et Mangin, commandant la 5e Division
d'Infanterie depuis 1914.
Une fois le front défensif de Verdun longuement
organisé, Nivelle est nommé commandant de la IIe
Armée le 1er mai 1916 et Pétain
éloigné au GAC le 2.
Nivelle, vainqueur de Verdun, est nommé Commandant en Chef
des Armées du Nord et du Nord-Est le 17 décembre
1916 (Joffre reste Commandant en Chef des Armées
Françaises jusqu’au 26, cette fonction est alors
supprimée).
"Pétain le défensif" devient Commandant en Chef
des Armées du Nord et du Nord-Est le 15 mai 1917,
après l’échec de l’offensive
Nivelle sur le Chemin des Dames.
Foch est nommé Commandant en Chef du GQG des
Armées Alliées en mars 1918 (Weygand Major
Général).
Pétain n'est ainsi ni le vainqueur de Verdun, où
il reste deux mois, c'est Nivelle, qui mène l'offensive et
reprend le terrain perdu, et est nommé Commandant en Chef
des
Armées en décembre 1916, ni le vainqueur de 1918,
c'est Foch, qui mène l'offensive alliée.
4
avril 2013
La
dernière rue Pétain
débaptisée
Pour ceux de 40,
Pétain est avant
tout "le Père la défaite", les Ardennes
infranchissables, le
"maréchal Pétochard", qui choisit le camp du plus
fort.
Ses doctrines
militaires périmées contribuent au
revers de 1940, la théorie des Ardennes
infranchissables figure parmi nombre
d'erreurs lourdes
de
conséquences : le remplacement du
généralissime
Gamelin en pleine bataille, la ligne Weygand, l'appel
prématuré à
cesser
le combat du 17 juin 1940, le refus de poursuivre le combat dans
l'empire, les armistices déshonorants avec
l'Allemagne nazie et
l'Italie fasciste, sans parler de la suite ...
Les
"mensonges qui nous ont fait tant de mal" sont les siens. Les combats
à peine terminés, c'est l'humiliation des
combattants de 1940 (annulation des citations accordées aux
unités restées en armes après le 17
juin 1940, ...) et du pays tout entier (l'esprit de jouissance
l'a emporté sur l'esprit de sacrifice) pour
masquer la responsabilité de ses
pairs, et installer en métropole, sous la
protection des nazis, un pouvoir autoritaire
le plus éloigné possible de
tout
processus démocratique.
On réalise alors qu'il choisit le camp du plus
fort et refuse de quitter la
métropole
par pur calcul politique, pour entrer dans une collaboration
"sincère" avec Hitler, souhaitée par une infime
minorité parvenue au pouvoir par le mensonge et la trahison.
Pétain livre alors la France
et
son empire, son armée, sa flotte, son industrie, son
agriculture. N’épargnant rien
au pays, bien au contraire, en choisissant de mettre la France hors
combat, il prolonge la guerre et ses souffrances de plusieurs mois,
comme le démontrera la reprise des combats en Afrique du
Nord en novembre 1942.
Que pouvait-on faire d'autre ? Poursuivre le combat !
L'actualité
de 1940 reste le refus
de
l'esprit d'abandon, qui a saisi une minorité
autour de Pétain, qui use et abuse de son aura.
Le
Pétain défait de 1940 puis collaborateur de
1940-1944, déchu à la libération, a
lui
même effacé le "prestige" du
Pétain de
14-18.
L’un n’aurait pas existé sans
l’autre, les
deux sont indissociables.
---------------
Bien
avant 1940, Clémenceau se heurte au "pessimisme
catastrophard" de Pétain, qui, au moment de
l'attaque
allemande de mars 1918, replie précipitamment son
PC de plus de 100 km de
Compiègne
à Provins. Clémenceau le
remplace alors par Foch. Contraint de lui remettre le bâton
de
Maréchal dans l'euphorie de novembre
1918, le
"Père la Victoire" dira : "Nous avons poussé
Pétain à la victoire à coups de pied
dans
le c..".
20
décembre 2012
La
paix des mémoires repose sur la connaissance et la
divulgation de l'Histoire
En visite d'Etat à
Alger cinquante ans après l'indépendance de
l'Algérie, le président de la
République française François
Hollande, avec pour objectif de dire ce qui a
été afin de se
tourner vers l'avenir,
a souhaité que les deux pays écrivent
une nouvelle page
d'une
histoire commune et a reconnu les souffrances
infligées au
peuple algérien par la colonisation "système
profondément injuste et brutal pour l'Algérie
durant
132 ans".
Posant un regard apaisé sur le passé,
le président de la
République a déclaré que la
vérité même quand elle est douloureuse,
devait être dite :
"Elle n'abîme pas, elle répare. Elle ne divise
pas,
elle rassemble.
(...) La paix des mémoires repose sur la connaissance et la
divulgation
de l'Histoire."
11
novembre 2010
Une plaque en hommage aux soldats
musulmans
morts pour la France à la Grande Mosquée de Paris
Le 11
novembre 2010 à la Grande Mosquée de Pariis, a
été
dévoilée une plaque à la
mémoire des soldats musulmans morts pour la France pendant
la Première et la Seconde Guerre Mondiale.
Comme l’avait fait le président Gaston Domergue en
1926 lors de l’inauguration de la Mosquée de
Paris, le ministre de la Défense a rappelé que
«
la République protège toutes les
croyances
[…] que la nation
n’oublie aucun de ses
enfants tombés au champ d’honneur. A tous
Français d’origines, Français de
cœur et Français par le sang versé,
elle exprime le même respect, la même
reconnaissance. »
2 avril 2009
100 000 Morts Oubliés
de Jean-Pierre Richardot
En mai-juin
1940, plus de
100 000 hommes se sont fait tuer sur place pour défendre la
France et l'Angleterre, dont ils ont sauvé le corps
expéditionnaire à Dunkerque. Ce livre est leur
histoire.
Au cours des 47 jours de la bataille, à maintes reprises, en
Ardennes, Argonne, Flandre, Picardie, Normandie (Saint-Valery-en-Caux),
à Dunkerque, et devant Lyon, la proportion de soldats
français tués en résistant
à l'invasion a
atteint 90 % des effectifs engagés.
Les Allemands ont eu par jour plus de 2000 soldats mis hors de combat,
dont une moitié de tués. Nos pères et
grands-pères se sont aussi bien battus que les
Américains
quatre ans plus tard à Omaha Beach. En 1940, nos soldats
voulaient poursuivre les hostilités. Jamais le peuple
français n'a appelé Pétain au pouvoir.
C'est un
coup d'État, avec faux et usage de faux, qui a permis aux
généraux français
antirépublicains de
livrer nos soldats à l'ennemi, de les menacer du conseil de
guerre s'ils continuaient à se battre. Ce sont nos
généraux, parfaitement incompétents et
dépassés, qui ont rompu avec l'Angleterre et
placé
notre pays sous la tutelle nazie.
Jean-Pierre Richardot, journaliste et
historien, est un ancien du
Monde, de L'Express, de France 2 et de RTL.
Le choix de la défaite
Plutôt Hitler que
Staline. Pour certains, par haine du bolchevisme, de la
démocratie parlementaire, des juifs, ... , la
victoire
sur Allemagne nazie n'était pas une bonne affaire. On saisi
mieux ainsi les "erreurs" du commandement
français.
8
mai 2008
Le statut des
indigènes musulmans en
Algérie coloniale
Le terme indigène
désigne les
Musulmans et les Israélites « nés en
Algérie
avant l’occupation française ou nés
depuis cette
époque de parents établis en Algérie
à
l’époque où elle s’est
produite » selon la
définition du
décret Lambrecht du 7 octobre
1871.
Le statut des indigènes reste tout d’abord
incertain. On
retient généralement de l'acte de capitulation de
la
Régence d'Alger du 5 juillet 1830
l'engagement de la France de ne pas porter atteinte
à la
liberté des habitants de l'Algérie et
à leur
religion, à l'appui du maintien des statuts
personnels
des indigènes découlant
du droit musulman, du droit mosaïque pour les Juifs ou encore
des
coutumes kabyles, etc, malgré l’ordonnance
d'annexion de
l'Algérie "possession française " du 22
juillet
1834,
qui aurait dû leur donner la pleine
nationalité française tout comme la
constitution de 1848,
déclarant que l'Algérie est "terre
française".
La
Cour de Cassation vient préciser par un arrêt
Enos du
15 février 1864, que si les indigènes
algériens
ont la « qualité de français
», toutefois
« ils ne jouissent pas de tous les droits
rattachés
à la citoyenneté française
». Le
sénatus-consulte de Napoléon III sur
l'état des
personnes et la naturalisation en Algérie du 14 juillet
1865,
complété par le décret d'application
du 21 avril
1866, confirme la jurisprudence de la cour de cassation tout
en
prévoyant une possibilité d'accès
individuel
à la
pleine citoyenneté française, après
renonciation au statut
personnel. Cette procédure ne sera guère
utilisée.
Le décret n° 136 du 24 octobre 1870
(décret
Crémieux), « déclare citoyens
français les
Israélites indigènes de l'Algérie
». La définition des indigènes
visés collectivement est précisée par
le décret
Lambrecht.
Les indigènes musulmans, qui constituent la
majorité de la population de l'Algérie, restent
pour leur part des sujets français sans
citoyenneté
de surcroit soumis
à des infractions spécifiques : droit
accordé à l'autorité
militaire de punir les indigènes
depuis une circulaire de Bugeaud de 1844,
encadré par la loi du 28
juin 1881
sur la répression « des
infractions
spéciales de l'Indigénat ».
Dans le même temps, l'Algérie, qui attire
depuis 1830 des Français de métropole
mais aussi des étrangers venus d'Espagne, d'Italie,
de Malte ou d'Allemagne, leur ouvre depuis 1865 la
possibilité d'acquérir
la nationalité
française par naturalisation individuelle.
Après
la loi du 26
juin 1889, instaurant la règle
du droit du sol, un enfant né d'un
parent né en France est Français
dès sa naissance et un enfant né de
parents étrangers est Français
à sa majorité.
Les indigènes musulmans sont exclus de
la loi de 1889 puisqu'ils ont déjà
la « qualité de
français
». En 1899, l'assemblée de l'Algérie
comporte 48
représentants pour 630 000 européens, et 21 pour
les 3,6 millions de musulmans.
Malgré l'espoir né de leur sacrifice pour la
Mère Patrie en 1914-1918, aucune réforme
n'aboutit entre deux-guerres. La loi Jonnart du 4 février
1919 met en place pour les indigènes musulmans, qui
attendent collectivement l'égalité des droits,
une nouvelle procédure de
naturalisation confiée à
l'autorité judiciaire et non plus à
l'administration. La loi du 10
août
1927 assouplissant en France les conditions de naturalisations
ne les
concerne pas plus que le décret-loi 12 avril
1939 invitant les étrangers (eux sont
français) à
rejoindre l'armée française, naturalisation
à la clé.
Européens et Musulmans voteront pour la première
fois à égalité de statut lors du
référendum du 28 septembre 1958 sur la nouvelle
constitution.
Le statut des
indigènes musulmans dans l'armée
française
de 1939-1940
Depuis le début de
la
conquête de l'Algérie en 1830, les
indigènes
relèvent dans l'armée
française de
règles
spécifiques en conséquence de leur statut civil.
Ces
règles concernent jusqu'en 1870 les indigènes
musulmans et
israélites. Les lois qui se
succèdent jusqu'à la fin de la
deuxième guerre mondiale fixent
leurs conditions de recrutement, avancement, emplois, solde, ... qui
sont moins favorables que pour leurs camarades
français. La justification de
ces inégalités
est la
différence de statut : aux droits de citoyen
français correspondent l'honneur des charges
du service
militaire. Français et musulmans n'ayant pas les
mêmes droits, ils n'ont pas les mêmes charges ...
Ils ne
peuvent tout d'abord servir que dans les corps indigènes
(Zouaves puis
Tirailleurs et Spahis). Nombre de services, de
spécialités, d'emploi ne leur sont pas ouverts.
Le recrutement
des
indigènes musulmans se fait depuis le décret du 3
février 1912 par tirage au sort, d'un contingent
fixé
chaque année en fonction des besoins. Le système
jugé inégalitaire du tirage au sort a
été
abandonné en 1905 pour les français. Les
représentants des indigènes font de la
conscription un
combat pour l’égalité des droits
politiques : on ne
peut demander aux indigènes de verser leur sang et de servir
la
France sans leur reconnaître à terme la
citoyenneté
et une représentation sérieuse et suffisante dans
les
assemblées de l’Algérie et de la
métropole.
La durée du
service
actif des indigènes musulmans appelés est de deux
ans
depuis le décret du 28 septembre 1923, réduisant
à
18 mois la durée du service actif pour les
français, puis
à 12 mois par la loi du 31 mars 1928.
L’égalité est établie par la
Loi du 17 mars
1936 allongeant à 2 ans le service actif pour les
français.
L' avancement
des militaires
indigènes nord-africains se fait, selon le décret
du 2
mai 1914, visé par la la note du 22 octobre 1936,
exclusivement
au choix, alors qu'il peut être automatique pour les
français. Ils ne peuvent dépasser le grade de
capitaine,
accordé à titre de récompense
exceptionnelle
après de longues années de service. Cet
avancement se
fait "dans le rang" avant 1939, puisqu'ils n'ont pas accès
aux
écoles militaires.
La lenteur de l'avancement, souvent
criquée dans l'armée française, est
encore accrue
pour les musulmans : Les grades d' officier
sont inaccessibles aux
appelés. Les conditions d'ancienneté
pour passer de sous-officier à officier sont
théoriquement les mêmes que pour les
français :10 ans, exceptionnellement 8, mais il existe un
examen supplémentaire pour les indigènes ainsi
qu'une condition d'âge : pour être
proposé au grade de sous-lieutenant : 28 ans et 10 ans de
service, lieutenant : 32 ans et 14 ans de service dont 4 de
sous-lieutenant, capitaine : 43 ans et 25 ans de service dont 12 de
grade d'officier. Pour les français, il faut 2 ans de grade
de sous-lieutenant pour passer lieutenant et 12 puis 6,5 à 7
ans pour passer capitaine. Le nombre d'officiers indigènes
est en conséquence dérisoire en 1939,
malgré les demandes de réformes dont celle du
Maréchal Franchet
d'Espèrey. Un décret du 2 février 1940
viendra
bien tardivement ouvrir l'accès aux écoles aux
indigènes pour quelques mois.
Le
déficit en sous-officiers
est pareillement
préoccupant du fait des conditions d'avancement toujours au
choix pour les indigènes.
Pour devenir caporal à un appelé, il faut 24 mois
minimum, exceptionnellement 18 à un
indigène. Pour
le grade de sergent, il faut entre 4 à 8 ans pour un
indigène, 12 mois pour un français.
C’est donc dans
la réserve seulement, après son service actif de
24 mois,
qu’un appelé indigène peut
être gradé.
Pour les grades de sergent-chef et adjudant, ouverts aux seuls
engagés , il faut respectivement 6 à 10 ans et 9
à
13 ans. Le grade d'adjudant-chef n'est pas ouvert aux
indigènes.
A grade
égal, en toutes circonstances, le commandement appartient au
gradé français,
voir même dans certains cas de grade inférieur
puisque
certains emplois sont refusés aux indigènes : en
l'absence du capitaine commandant la compagnie, emploi obligatoirement
français, le capitaine indigène se soumet aux
ordres du
lieutenant ou du sous-lieutenant français prenant le
commandement de la compagnie !
Les mess
sont distincts pour les officiers indigènes et
français.
La solde
d’un sergent
indigène, est
par exemple d’un peu plus de la moitié de celle
d'un
sergent français. L'égalité des soldes
entre
français et
musulmans est accordée en août 1943. Elle
n'emporte pas l'égalité des pensions pour charges
de familles ou de retraite chez les engagés.
6
mai 2007

L’immigration
algérienne en France
De la fin du XIXe siècle à 1962
La
présence
algérienne en France s’inscrit
désormais sur plus d’un
siècle d’une histoire singulière. Les
Algériens nourrissent un flux
migratoire précoce et important de coloniaux vers la
métropole dès la
seconde moitié du XIXe siècle. Ni
Français, ni étrangers jusqu’en 1962,
les Algériens sont tour à tour
"indigènes", "sujets français" puis
"Français musulmans d’Algérie"...
L’immigration
algérienne en France
Un
vaste empire
Les français se
reposent en 1939 sur deux assurances : la
ligne Maginot pour fermer nos portes et les inépuisables
réserves en hommes disciplinés de l'Empire pour
les interventions mobiles.
En
1939, la guerre d'Espagne venait de démontrer que le combat
pour les conquêtes sociales est capable de rendre fort
combatifs des antimilitaristes. Que la discipline et la bravoure des
troupes africaines représentent une force encore
imperméable aux courants des idées politiques et
d'une obéissance totale. Que Hitler avait eu le dernier mot.
15
février 2006
Le rôle positif de la
présence française outre-mer
Un décret du
15 février 2006
vient d’abroger le deuxième alinéa de
l'article 4 de la loi du 23 février 2005
« portant
reconnaissance de la Nation et contribution
nationale en faveur des Français rapatriés
». Si la Nation exprime toujours « sa
reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé
à l'œuvre accomplie par la France dans les anciens
départements français d'Algérie,
… », le deuxième
alinéa de
l'article 4 de la loi : « Les programmes scolaires
reconnaissent en particulier le rôle positif de la
présence française outre-mer, notamment en
Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux
sacrifices des combattants de l’armée
française issus de ces territoires la place
éminente à laquelle ils ont droit
»
devient : « Les
programmes de recherche universitaire
accordent à l'histoire de la présence
française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place
qu'elle mérite. »
Il y eut pourtant un « côté positif
» de la présence française outre-mer,
une part de grandeur de cette sombre époque ;
chez ceux qui ont compris que c’est à un
dévoiement des Lumières que
correspondait l’idée coloniale, ceux qui ont
crié qu’un peuple libre ne peut sans se
déshonnorer en opprimer un autre, du
côté de Mendès plutôt que de
Mollet, du côté de Sartre et d’Aron
plutôt que de Soustelle, ou encore du
côté de Mauriac. |
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3
juin 2013
Alger, 3 Juin 1943
Sous la
double présidence du général de Gaulle
et du général Giraud est constitué
à Alger le 3 juin 1943 le Comité
Français de la Libération Nationale (C.F.L.N.),
par lequel s'effectue la fusion des forces françaises
engagées au côté des Alliés
: Forces
Françaises Libres du Comité National
Français de Londres du général de
Gaulle et Armée
d'Afrique
du Commandement en Chef
Français Civil et Militaire d'Alger du
général Giraud, resté
fidèle à Pétain mais partisan de la
reprise de la lutte contre l'Allemagne nazie. IFFL et Armée
d'Afrique forment à compter du 1er
août 1943
l'Armée
Française de la Libération.
Giraud sera peu
à peu évincé et le CFLN laissera la
place le 3 juin 1944 au Gouvernement Provisoire de la
République Française (GPRF).
14
avril 2012
14 avril 1942,
le procès de Riom est suspendu
Le procès de Riom
(Puy-de-Dôme), ouvert le 19 février
1942, devait démontrer
que
les hommes politiques de la
période 1936-1940 étaient responsables de la
défaite de 1940.
Les
accusés, notamment
Léon Blum et Édouard Daladier, retournent
l'accusation contre les
hauts responsables de l'Armée française,
incapables de préparer et conduire
cette guerre.
Le 14 avril 1942, après vingt-quatre
audiences, le procès est suspendu pour un «
supplément d'information ».
Les inculpés seront
néanmoins incarcérés
arbitrairement.
19
mars 2012
La
guerre d'Algérie est terminée
Il y a
cinquante ans que nous sommes réconciliés avec
les
allemands, après que l'Allemagne nazie a
voulu asservir
l'Europe. Il y a cinquante ans que la guerre d'Algérie est
officiellement terminée. L'Algérie
aspirait, elle, a son
indépendance. Mais l'heure de la réconciliation
n'est
toujours pas venue.
Malgré les drames qui ont secoué
l’Algérie pendant et après "les
évènements", ce conflit est terminé
et un
regard apaisé doit être porté sur cette
période douloureuse de notre histoire.
Pour mémoire, le prix humain payé par
l’Algérie pour
son indépendance (environ 250.000 morts) est dix
fois plus élevé que celui consenti
par la France pour tenter d'y maintenir son pouvoir.
8
novembre 2011
Centenaire des
régiments de Tirailleurs Algériens
Alger
8 novembre 1941, à droite Huntziger, Weygand et Koeltz
La
célébration, à l’automne
1941, du centenaire des régiments de Tirailleurs et de
Spahis algériens donne lieu à de grandes
cérémonies organisées à
Alger par
Weygand.
24
avril 2011
Note du Ministre de la
Guerre du 24 avril 1941
Aux
généraux ayant sous leur commandement des troupes
indigènes, Huntziger, Ministre de la
Guerrre de Pétain, indique par une note du 24 avril
1941 qu' aucune
publicité ne
devait être faite auprès des
indigènes au sujet des concours d'admission aux
écoles militaires ... toutefois, poursuit la
note, vous
voudrez bien ne pas rejeter leurs demandes et les laisser prendre part
aux épreuves écrites. Les dispositions
nécessaires sont prises pour qu'aucun indigène ne
soit déclaré admissible après
correction des épreuves..
Note du Ministre de la Guerre
du 24 avril 1941
28
mars 2011
Le « scandale
des Croix de Guerre »
Le
décret-loi du 26 septembre 1939 avait institué la
Croix de Guerre
pour les citations individuelles pour fait de guerre. Les
modalités d’attribution étaient
sensiblement les
mêmes que celles régissant la Croix de Guerre de
1914-1918. La croix était également
similaire à
celle de 1914-1918 avec le millésime 1939 sur le revers et
un ruban vert avec deux larges liseraies et raies verticales
rouges.
Le président du Conseil, Édouard Daladier,
avait précisé dans une instruction du 18
octobre
1939 que « La Croix de Guerre constitue une haute
récompense, distinguant le chef et le soldat qui se sont
signalés au feu, par une action d’éclat
caractérisée. … le commandement
veillera à ce que cette récompense ne soit pas
attribuée dans certaines unités avec trop de
largesse par rapport à d’autres unités
engagées dans des conditions analogues. »
A l’issue des combats, le nouveau pouvoir dénonce
cependant un « scandale des Croix de Guerre
» reprochant notamment à certains chefs
militaires des faits d'armes fictifs, des attributions
abusives, à titre collectif, ...
Par cette humiliation faite aux combattants
de 1940, il s'agit surtout de faire disparaitre les
citations accordées après le 17 juin 1940 par des
chefs favorables à la poursuite des combats, dont
celle du Général Besson commandant
le GA3, ordonnant que tout militaire resté
porteur
de son arme soit
décoré de la Croix de Guerre. Etaient
également
intervenues depuis les combats la loi du 22 juillet 1940 portant sur
la révision des naturalisations, la loi du 3 octobre 1940
portant
statut des Juifs, ... Ce
« désordre insupportable pour les authentiques
ayants droit » ... entraine l'annonce dès
le 11
novembre 1940 d'une révision des
citations décernées à compter du 10
mai 1940 et la suppression de la croix instituée en
1939.
Le décret du 28 mars 1941 stipule qu'à compter du
1er juin 1941, la Croix de Guerre instituée en 1939, ne
devra plus être portée sous peine de poursuites.
Elle est remplacée par une croix similaire avec le
millésime 1939-1940 sur le revers et un ruban vert
à raies verticales noires.
A compter de ce même 1er juin 1941, le Journal Officiel
publie une « Liste des
bénéficiaires de
citations accordées par les autorités de
l'Armée de terre, homologuées après
révision et donnant droit au port de la nouvelle Croix de
guerre 1939-1940, instituée par le décret du 28
mars 1941 ».
A la Libération, l’ordonnance du 7 janvier 1944
interdira le port de la croix du 28 mars 1941 et rétablira
la croix du 26 septembre 1939 avec le millésime 1939-1945.
La
révision de 1941 n'est pas remise en cause
mais
il est possible de demander l’homologation
ou la
régularisation d’une citation accordée
en 1939-1940.
27
mars 2011
27 mars 1941
L'internement des militaires juifs d’Algérie
Citoyens
français depuis le décret Crémieux de
1870, les juifs d'Algérie, sont
mobilisés en
1939, principalement dans les Zouaves et les Chasseurs d'Afrique.
A l'issue de la campagne de France, Pétain, ayant
pris le pouvoir en juillet 1940, fait
abroger le décret Crémieux
dès octobre 1940.
En février 1941, le
général Huntziger, secrétaire d'Etat
à la Guerre, demande au
général Weygand,
délégué général
du gouvernement de Vichy en Afrique du Nord de "retirer tous les
juifs des unités de l'Afrique du Nord" ... "Les rapports sur
l'état
d'esprit des troupes de l'Afrique du Nord font ressortir que les juifs
demeurés dans les unités ont une influence
néfaste et que, par leur manque de sens national, ils
nuisent au bon moral dans ces unités".
Le général Picquendar, chef
d'état-major de l'armée
d'armistice, signe le 27 mars 1941 les circulaires organisant
l'internement des militaires juifs, qui font leur paquetage et
se
rendent en avril 1941 à Bedeau (Oranais) et à
Telergma (Constantinois). Ils sont "encadrés" à
partir de mars 1942, par le Service d'Ordre
Légionnaire, qui donnera naissance à la
Milice.
Après novembre 1942, malgré le
débarquement anglo-américain, Giraud,
resté
fidèle à Pétain, maintient
l'internement des militaires juifs et l’abrogation
du décret
Crémieux. De Gaulle fait fermer en juin 1943 les
camps puis
rétablit discrètement le
décret
Crémieux en octobre 1943.
24 octobre 1940
Pétain entre dans la collaboration
Après
la célèbre poignée de
main échangée sur le
quai de la gare de
Montoire-sur-le-Loir entre Hitler et Pétain, les
deux hommes s'ntretiennent dans la
voiture personnelle du Führer.
L'entrevue fera les gros titres de la presse
française et
dans son discours radiodiffusé du 30 octobre 1940,
le chef
de l'État
français annonce qu'une nouvelle
ère s'ouvre pour la France : de nation vaincue,
elle accèder à un statut respectable
en devenant le partenaire du vainqueur, dans le cadre du nouvel ordre
européen dicté par l'Allemagne nazie.
Une des intentions de
Pétain, lors de l'entrevue, était la
collaboration
militaire avec les forces de l’Axe en faisant participer
l’armée d'armistice à une action
militaire anti-britannique en Afrique.
7
octobre 2010
7 octobre 1940
Les juifs d'Algérie déchus de la
nationalité française
L'importante
communauté juive implantée en
Algérie bien avant
l'arrivée des français, tout d'abord
considérée comme "Arabe de confession
israélite", se voit accorder la
nationalité française en 1870 par le
décret Crémieux, contesté par
un puissant mouvement antijuif au moment de
l’affaire Dreyfus, puis dans les années 1930.
Le 7 octobre 1940, Pétain fait abroger le décret
Crémieux par son
ministre de l’Intérieur Marcel Peyrouton, en
application des lois
antijuives (le premier statut des juifs
date du 3 octobre 1940) voulues par son gouvernement alors que les
nazis n'avaient formulé aucune
demande, et encore moins concernant l'Algérie.
Redevenus des indigènes, les juifs
d'Algérie se rapprochent des indigènes
musulmans contre le
pouvoir colonial français et la
dictature de
Pétain.
Après novembre 1942, malgré le
débarquement anglo-américain, facilité
par la résistance algérienne
(José Aboulker à Alger et Henri d'Astier
de la Vigerie à Oran),
Giraud, partisan de la
reprise de la lutte contre l'Allemagne nazie mais resté
fidèle à Pétain et sa politique
antijuive, choisit comme
gouverneur d’Algérie ... Peyrouton et
maintient l’abrogation du décret
Crémieux !
De Gaulle, craignant les revendications des musulmans,
rétablira discrètement le
décret Crémieux le 20 octobre 1943.
11
juillet 2010
10-11 juillet 1940
Pétain sombre dans
l'illégalité
Tandis que
le 18e RTA est stationné à
Ste-Sévère-sur-Indre, canton de la
Châtre, où il sera dissout dans quelques jours,
Pétain, Président du Conseil depuis le 16 juin
1940, et Laval, Ministre de la Justice depuis le 23 juin, entrent dans
l’illégalité en se
débarrassant des institutions républicaines.
Le 10 juillet, ils font voter par une Assemblée
nationale
incomplète réunie à
Vichy une révision des lois
constitutionnelles de 1875 donnant tout pouvoir au gouvernement sous
l'autorité et la signature du maréchal
Pétain, pour promulguer une nouvelle constitution.
Le texte adopté par 569 voix contre
80 et l'exposé des motifs lu par Laval aux
parlementaires, prévoient que les Chambres
subsisteront.
Le 11 juillet, en violation de la loi votée la
veille, par 3 "actes constitutionnels",
Pétain s'autoproclame chef de l'état à
la place du Président de la
République, ajourne
les chambres (Assemblée Nationale et
Sénat) et s'accorde les pouvoirs législatif,
exécutif, ce qui le place en véritable dictateur
concentrant tous les pouvoirs.
22
juin / 11 juillet 1940 : De l’armistice aux pleins pouvoirs
26 juin 2010
Les indigènes
nord-africains prisonniers de guerre
Les quelques
80 000
indigènes faits prisonniers
en 1940 ont
été détenus pour la
majorité en
France occupée dans les Frontstalags (les nazis
n'en veulent pas sur leur
sol) séparés
des
prisonniers
français transférés
outre-Rhin.
Certains seront libérés, d'autres parviendont
à s'évader, beaucoup mourront de maladie.
En 1941, plus de 10 000 nord-africains quittent leurs
camps pour aller combattre en Syrie
(général de Verdilhac) contre les Forces
Françaises Libres du
général de Gaulle. En
décembre 1941, presque tous les nord-africains
ont rejoint leurs pays d'origine. Les plus valides restent en
métropole travailler pour les nazis.
22
juin 2010
Le repli vers l'Afrique du Nord
Le repli de
l'armée avec son matériel vers l'Afrique du
Nord (l'avance allemande est spectaculaire mais fragile)
et du gouvernement (les allemands veulent
l'empêcher
par la création d'une zone non occupée),
près de réussir en juin
1940, furent
ruinés non par
les allemands mais par les défaitistes
français, Pétain en tête.
17
juin 2010
17
juin 1940, une bévue sans précédent
"C’est le
cœur serré que je vous dis aujourd’hui
qu’il faut cesser le combat." En pleine bataille, le message
du 17 juin du nouveau Président du Conseil a des
effets
d'autant plus désastreux qu'il est
doublé par l'ordre donné
au général Colson, Ministre de
la Guerre,
dinterdire tout repli en cas d'arrivée de l'ennemi ! Il est
également demandé aux troupes de ne pas
faire sauter les ponts et de ne pas combattre dans les villes de plus
de 20.000 habitants.
Dans la plus totale confusion, des
troupes déposent les armes alors
que l’armistice n'est signée que
le 22 (pour entrer en vigueur le 25). L'essentiel des 1,5 millions de
prisonniers français
est capturé au cours
de ces cinq jours.
14
mai 2010
1940, l'exemple hollandais
Le 10 mai 1940, les troupes
allemandes entrent aux Pays-Bas. En cinq jours, la majeure
partie du pays est occupée et une partie
des troupes néerlandaises doit se
rendre tandis que l'aviation, la flotte et le gouvernement
néerlandais réussissent à
quitter le pays. Dirigée à partir de Londres, la
résistance néerlandaise à l'Allemagne
nazie continue en
dehors du territoire occupé, en conservant la haute
main sur ses territoires d'outre-mer ...
"Le
Gouvernement
polonais, le Gouvernement norvégien, le Gouvernement belge,
le
Gouvernement hollandais, le Gouvernement luxembourgeois, quoique
chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir".
3
décembre 2009
Etat des lieux
Chauny se situe en 1940 sur la
ligne Weygand, à quelques kilomètres du secteur
du 18e
RTA sur l'Ailette. A lire certains commentaires sur
la
contribution de l'Afrique au cours de la deuxième
guerre
mondiale, beaucoup reste
à faire pour la connaissance de l'histoire.
Chauny
: tensions raciales et crise économique
Les
articles de Marianne
16
septembre 2009
La
fin
Si
immédiatement
après le
référendum du 28 septembre 1958, proposant aux
français une nouvelle constitution, de Gaulle
vient annoncer à Constantine le 3 octobre 1958 un
plan de
développement économique et social en
Algérie (Plan de
Constantine), laissant entendre un
engagement durable de la France en Algérie,
la constitution d'octobre 1958 prévoit
également
(article 53) qu'une partie
du
territoire français peut être
cédée avec l'accord des populations
concernées. Le 16
septembre 1959,
de Gaulle ouvre la voie
à l'autodétermination
en annonçant que
l'ensemble
des Algériens aura à se prononcer sur
son
avenir selon trois options : l'indépendance, la
francisation dans l'égalité des droits
dans une France de Dunkerque
à
Tamanrasset ou l'autonomie en association
avec la France, qui garderait des prérogatives sur
l'économie, l'enseignement, la défense et les
affaires étrangères.
De Gaulle
prédit que la première option
conduira à
la misère et à
une dictature communiste ..., la seconde à
l'installation des Algériens en
métropole
où le niveau de vie est plus
élevé et la troisième au statu quo.
Lors du référendum du 8 janvier 1961 sur
l'autodétermination en Algérie, à la
question : «
Approuvez-vous le projet de loi soumis
au peuple français par le président de la
République et concernant l'autodétermination des
populations algériennes et l'organisation des pouvoirs
publics en Algérie avant l'autodétermination ?
», le
oui l'emporte avec 74,99 %.
Au référendum du 8 avril
1962 sur les accords d'Évian à la
question «
Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple
français par le président de la
République et concernant les accords à
établir et les mesures à prendre au sujet de
l'Algérie sur la base des déclarations
gouvernementales du 19 mars 1962 ? », la
réponse
est oui à 90,81 %.
Lors du référendum
d'autodétermination de l'Algérie du 1er
juillet 1962 organisé
en Algérie, la
question posée est : «
Voulez vous que
l'Algérie devienne un État indépendant
coopérant avec la France dans les conditions
définies par les déclarations du 19 mars 1962 ?
», la réponse est oui à
99,72 %.
La France reconnait l'indépendance de
l'Algérie le 3 juillet et celle-ci est
proclamée en Algérie le 5 juillet 1962.
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